Distributeurs automatiques : l'erreur que l'on fait tous après avoir retiré de l'argent
Avec le retour des marchés, des festivals et des vide-greniers, le retrait d'espèces connaît un regain d'intérêt. Beaucoup de Français passent régulièrement au distributeur et commettent une erreur qui peut coûter cher.
Au distributeur, on insère sa carte, on retire de l'argent et on glisse machinalement les billets dans son portefeuille. Ces gestes deviennent presque automatiques. C'est justement cette façon de faire qui profite aujourd'hui aux escrocs, et beaucoup continuent encore de se faire avoir. En effet, depuis plusieurs mois, les banques alertent sur la multiplication des faux appels et des SMS frauduleux. Tout le monde a déjà vécu cette scène : une personne se présente comme un conseiller, affirme qu'une opération suspecte a été détectée et demande au client de confirmer certaines informations ou de valider une manipulation urgente sur son téléphone. Le plus troublant, c'est que ces fraudeurs disposent parfois de détails très précis.
Les spécialistes de la cybersécurité parlent d'ailleurs d'"ingénierie sociale". Le principe : plutôt que de pirater directement un compte bancaire, les escrocs manipulent la victime pour qu'elle fasse elle-même l'erreur. Pour rendre leur discours crédible, ils accumulent des informations récupérées un peu partout. Certaines proviennent d'anciennes fuites de données, d'autres de faux sites internet, de publicités en ligne ou de numéros de téléphone revendus illégalement. Mais il existe aussi des méthodes beaucoup plus simples, parfois directement dans la rue, devant un distributeur automatique.

Très concrètement, lorsque l'on imprime un reçu suite à un retrait bancaire et qu'on le jette machinalement à la poubelle, c'est une aubaine pour les escrocs. Ce ticket contient des informations précieuses, comme l'heure exacte du retrait, le montant, le distributeur utilisé, les derniers chiffres de la carte bancaire et de temps en temps le solde restant sur le compte. Individuellement, ces données permettent à un fraudeur de construire un discours très crédible lors d'un faux appel bancaire. Et, forcément, quand quelqu'un au téléphone connaît votre matinée presque mieux que vous, la méfiance baisse d'un cran.
Le bon réflexe consiste donc à ne pas imprimer de reçu lorsqu'il n'est pas nécessaire. Si un ticket est utile pour une note de frais ou un suivi de dépenses, mieux vaut le conserver précieusement puis le détruire, que de le laisser dans une poubelle près du distributeur. Aujourd'hui, les applications bancaires permettent déjà de retrouver l'ensemble des opérations en quelques secondes, sans laisser derrière soi des informations que d'autres pourraient récupérer.