"Inutile", "envahissant"... les groupes WhatsApp de parents d'élèves sont-ils devenus un enfer ?

Devoirs, prof absent, sorties scolaires... Les groupes de parents d'élèves énervent autant qu'ils sont utiles au quotidien. Témoignages de ceux qui en sont adeptes ou, au contraire, allergiques.

"Inutile", "envahissant"... les groupes WhatsApp de parents d'élèves sont-ils devenus un enfer ?
© pavelmuravev

Apparus il y a une petite décennie dans nos vies de parents connectés, les groupes WhatsApp de parents d'élèves ont l'avantage de créer un lien direct entre les parents et les enseignants pour communiquer plus facilement sur l'organisation scolaire. "C'est bien pratique pour nous rappeler les choses essentielles comme les sorties scolaires, la réunion parent-prof, les réunions d'orientation, les dates de devoirs sur table... surtout quand on ne consulte pas ÉcoleDirecte ou sa boîte mail en permanence", nous confie Sophie, maman de deux adolescents.

Certains messages "sauvent" d'ailleurs des mères de famille comme Anna, qui aurait pu oublier le sac de piscine si l'une des mamans du groupe n'avait pas fait un rappel le matin même. Idem pour la bourse aux livres, la couleur des vêtements à porter pour la chorale du lendemain... Car oui, rappelons-le, rares sont les pères à se manifester sur ces groupes WhatsApp de parents : les mères se chargent généralement seules de cette énième charge mentale. Alors, ces petits rappels sont parfois les bienvenus ! "Parfois aussi, je suis bien contente qu'on puisse m'envoyer la photo des devoirs à faire parce que mon fils n'était pas là ou qu'il était distrait en cours", nous confie Anna. Un avis que nous partage Cécile : "C'est très bien pour les devoirs que ton enfant a oublié de noter". Parmi les pères actifs sur ces groupes, Jonathan y trouve aussi un bon moyen "d'apaiser les tensions". "Dès qu'il y a un souci avec un autre élève, on prend immédiatement contact avec les parents pour comprendre ce qu'il s'est passé et trouver rapidement une solution", témoigne-t-il.

Pour autant, tout le monde ne voit pas le côté pratique de ces groupes WhatsApp. "Toutes les informations essentielles sont partagées par l'école au fur et à mesure", nous confie Amélie qui a d'ailleurs quitté le groupe de parents, tout comme Esther, qui se fie uniquement aux messages communiqués sur Pronote. "Globalement, il n'y avait jamais d'informations intéressantes, c'est beaucoup de blabla, et trop de parents parlent de la situation particulière de leur enfant qui n'intéresse pas les autres parents", ajoute Esther. D'ailleurs, le message anxiogène qui annonce une épidémie de poux ou de gastro... "Ça signe la fin de mon week-end !" commente Anna.

Pour cette mère de deux enfants, les pires, ce sont les parents qui demandent les devoirs chaque soir, ceux qui répondent "je sais pas" ou "pas moi" à une question plutôt que de ne rien dire ou réagir avec un émoji au message, résultat : "Mon WhatsApp affiche d'un coup 36 notifs non lues, toutes plus inutiles les unes que les autres". 

Et puis, il y a "le parent (toujours le même) qui crie à l'injustice contre le prof de maths qui a mal noté son fils au dernier contrôle", "celui qui se plaint à 22h45 du menu de la cantine (jamais assez "healthy"), le parent qui demande qu'on dénonce l'enfant qui a sorti le premier son téléphone en classe pour filmer, parce qu'il y a une colle collective (et bien sûr son enfant n'y est pour rien) ou encore les parents qui se disputent sur le programme jugé trop ou pas assez chargé... Au final, ça devient souvent un espace où chacun déballe ce qu'il a sur le cœur, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, ce qui peut vite devenir envahissant", nous détaille Sophie qui a finalement choisi de mettre le groupe WhatsApp en sourdine. 

Sans compter les nombreuses questions auxquelles une réponse a déjà été formulée plus haut dans le fil, les commentaires et réactions inutiles... "C'est davantage une perte de temps et d'énergie à scroller pour relire ce que j'ai éventuellement loupé, et m'apercevoir qu'in fine, je n'ai rien loupé du tout. Il y a par ailleurs beaucoup (trop) de mécontents et de râleurs", constate la mère de famille. "On fait beaucoup de prévention sur l'usage des groupes de discussions auprès des enfants, mais il faudrait aussi en faire auprès des parents" conclut-elle. Et vous, êtes-vous plutôt adeptes des groupes de parents d'élèves ou les jugez-vous inutiles ?

*Les prénoms ont été modifiés