1,5 million de Français découvrent que ces périodes de travail ne sont pas prises en compte dans leur retraite
De nombreux Français réalisent qu'une partie de leur parcours professionnel ne leur ouvre en réalité aucun droit supplémentaire pour la retraite. Résultat : travailler plus longtemps ou accepter une pension réduite.
Le sujet revient avec insistance dans les dossiers de fin de carrière. Des assurés, souvent proches de la retraite, constatent un décalage entre leur parcours professionnel et les trimestres réellement pris en compte. Et pour certains, la conséquence est immédiate : devoir prolonger leur carrière ou accepter une pension plus faible que celle qu'ils auraient pu espérer.
Le sujet est même remonté jusqu'à la justice. Le Conseil d'État a donné raison au gouvernement sur les règles des carrières longues. Ce dispositif permet de partir avant 64 ans si l'on a commencé à travailler tôt et validé assez de trimestres. Mais, tous ne comptent pas de la même façon. La plus haute juridiction administrative estime que l'État a le droit de fixer quelles périodes sont étudiées. En clair, certains emplois peuvent ne pas être retenus, même s'ils ont bien été exercés.
Et cela concerne de nombreuses personnes, souvent issues de parcours professionnels atypiques ou marqués par des dispositifs publics d'insertion. Selon plusieurs estimations, au moins 1,5 million de Français seraient touchés par cette situation. Beaucoup ont commencé à travailler jeunes, parfois dès l'adolescence, et pensaient logiquement pouvoir bénéficier d'un départ anticipé. Mais en examinant leur relevé de carrière, ils découvrent un manque de trimestres dits "cotisés", ceux qui comptent réellement pour ouvrir ce droit.

Les périodes concernées remontent aux années 1980, entre 1984 et 1990. À cette époque, des jeunes de 16 à 21 ans, et jusqu'à 25 ans pour certains inscrits à l'ANPE (France Travail), ont travaillé dans le cadre des travaux d'utilité collective, les TUC. Ces contrats proposaient des missions temporaires dans des collectivités, des associations ou parfois des structures privées. Mais ces jeunes étaient alors considérés comme des stagiaires de la formation professionnelle, ce qui a limité, voire supprimé, les cotisations retraite associées. Résultat aujourd'hui : ces périodes peuvent être validées comme trimestres "assimilés" depuis la réforme de 2023, mais elles ne sont toujours pas reconnues comme des trimestres "cotisés", indispensables pour accéder au dispositif des carrières longues.
Dans ce contexte, l'association TUC, les Oubliés de la retraite s'est structurée autour de ce constat et milite pour une révision des règles. Elle rassemble plusieurs milliers de personnes, notamment via un groupe très actif en ligne, et interpelle régulièrement les pouvoirs publics pour rouvrir le dossier. Son objectif est clair : obtenir la reconnaissance de ces périodes comme de véritables trimestres cotisés, afin de permettre aux anciens bénéficiaires de partir plus tôt sans pénalité.