Après 70 ans, ce compte d'épargne perd une grande partie de ses avantages
Les évolutions fiscales pourraient réduire l'intérêt d'un produit d'épargne longtemps jugé avantageux, en particulier pour les seniors.
Certains placements ont été conçus pour encourager l'épargne sur le long terme. Leur principe est simple : l'argent versé peut être déduit du revenu imposable, dans certaines limites. Concrètement, cela permet de payer moins d'impôt l'année du versement, tout en constituant une épargne récupérable plus tard, soit en capital, soit sous forme de revenus réguliers. Ce mécanisme explique le succès du dispositif en France. Plus de 12 millions de personnes en détiennent un aujourd'hui. Il est particulièrement utilisé par les cadres, les indépendants ou les professions libérales qui cherchent à optimiser leur fiscalité tout en préparant leurs finances pour les années à venir.
Mais les règles deviennent moins avantageuses avec l'âge. Après 70 ans, les versements effectués sur ce compte ne donnent plus les mêmes avantages fiscaux. La déduction sur le revenu imposable, qui constituait l'un des principaux atouts du placement, est en effet réduite. Pour les personnes qui continuent à percevoir des revenus, verser de nouvelles sommes devient donc moins intéressant.

Par exemple, une personne imposée dans la tranche à 30 % qui verse 5 000 euros sur son plan épargne retraite (PER) peut normalement réduire son impôt d'environ 1 500 euros la même année. Mais après 70 ans, si la déduction fiscale disparaît ou devient très limitée, ces 5 000 euros versés ne permettent plus de réduire l'impôt. L'avantage fiscal qui rendait l'opération intéressante n'existe donc plus vraiment.
Par ailleurs, la fiscalité sur les gains est également à prendre en compte. Car depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la Contribution sociale généralisée est passée de 9,2 % à 10,6 %, ce qui fait passer le total des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus concernés. Cela signifie concrètement que sur 10 000 euros de gains réalisés sur un placement, environ 1 860 euros peuvent être prélevés au titre des prélèvements sociaux, contre 1 720 euros auparavant.
Emmanuel Hardy, conseiller en gestion de patrimoine, résume la situation ainsi : "À partir de 70 ans, ça ne sert plus à rien d'alimenter son PER". L'idéal étant d'épargner sur ce compte entre 40 et 65 ans, puis d'y verser 5 000 euros par an pendant dix ans. Vous économiserez ainsi environ 15 000 euros d'impôt en étant imposée à 30 %.