Départ à la retraite : cette date précise du calendrier augmente votre pension et peut faire chuter vos impôts
À quelques jours près, la pension peut grimper, un trimestre peut être sauvé et la facture fiscale allégée.
On parle souvent de l'âge légal, fixé à 64 ans, ou du taux plein automatique à 67 ans. Mais une fois que les conditions sont remplies, une autre question devient déterminante : le jour exact du départ. Ce détail peut sembler secondaire. Il ne l'est pas du tout. D'abord parce que la retraite ne commence jamais n'importe quand. Elle débute obligatoirement le premier jour d'un mois. Si un salarié liquide ses droits le 2 ou le 15, le versement démarre seulement au mois suivant. Résultat : un mois de pension peut être perdu simplement pour une question de date mal choisie. Fixer son départ au premier jour du mois évite ce trou dans les revenus.
Ensuite, le calendrier influe sur les trimestres validés. Les générations récentes doivent cumuler jusqu'à 172 trimestres pour éviter une décote. Chaque trimestre manquant réduit la pension d'environ 1,25 %. L'année du départ, ce sont les trimestres civils réellement accomplis qui comptent. Partir quelques semaines trop tôt peut empêcher la validation d'un trimestre complet. À l'inverse, attendre la fin d'un trimestre civil permet de le sécuriser et d'éviter une baisse définitive de pension.

Il y a aussi un enjeu sur le calcul même de la retraite de base. Le montant repose sur les 25 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, fixé à 47 100 euros en 2025. Si la dernière année d'activité n'est pas complète, elle n'entre pas dans ces 25 années. Or les salaires de fin de carrière sont souvent les plus élevés. Terminer une année entière, du 1er janvier au 31 décembre, permet d'intégrer cette dernière année dans le calcul. Cela peut tirer la moyenne vers le haut et augmenter la pension versée à vie.
Le troisième levier concerne l'impôt. La prime de départ à la retraite représente souvent entre une demi et deux fois le dernier salaire mensuel. Elle est en principe imposable comme revenu exceptionnel. Si elle est versée la même année que les derniers salaires, déjà importants, elle s'ajoute à des revenus élevés et peut faire grimper le foyer dans une tranche d'imposition supérieure. En revanche, si elle est perçue l'année suivante, au moment où les revenus se composent principalement de pensions plus faibles, l'impact fiscal peut être nettement réduit. Dans certains cas, le taux d'imposition peut passer de 30 % à 11 %.
Tout l'enjeu consiste donc à aligner ces trois éléments : commencer un mois complet pour ne rien perdre, valider un trimestre entier et basculer la prime sur une année fiscale plus avantageuse. Sur la durée, quelques semaines de décalage peuvent représenter plusieurs milliers d'euros. Ainsi, en combinant ces paramètres, la date du 1ᵉʳ février se trouve particulièrement avantageuse.
Cette date permet de terminer une année civile complète, du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre, et donc d'intégrer cette dernière année souvent mieux rémunérée dans le calcul des 25 meilleures. Elle déclenche aussi la pension dès le premier jour d'un mois, sans période non indemnisée, et rattache la prime de départ à l'année suivante, lorsque les revenus baissent avec le passage à la retraite, ce qui peut alléger nettement l'impôt.