Mieux que la lettre du gouvernement, c'est "la mesure la plus efficace pour stimuler la fertilité" selon une étude

Alors que l'État s'apprête à écrire aux Français de 29 ans pour les informer sur leur fertilité, une étude internationale avance une idée simple : cette habitude du quotidien serait bien plus efficace pour relancer les naissances.

Mieux que la lettre du gouvernement, c'est "la mesure la plus efficace pour stimuler la fertilité" selon une étude
© lopolo

À l'automne 2026, tous les Français et Françaises qui fêteront leurs 29 ans recevront un courrier personnalisé de l'État. Annoncée par le gouvernement dans le cadre du plan "fertilité et santé périnatale", cette campagne d'information vise à répondre à la baisse de la natalité et l'augmentation des difficultés à concevoir, souvent liées à un âge plus avancé au premier enfant. L'idée ? Informer sans culpabiliser, pour permettre à chacun de faire des choix éclairés. Mais le fait de recevoir une lettre à 29 ans est-il réellement bien perçu par la jeune génération ? Selon une étude de l'université de Stanford, une autre pratique serait bien plus efficace sur la natalité.

Cette étude, menée à partir de données recueillies dans 32 pays, a examiné l'évolution du nombre d'enfants par femme en lien avec certaines transformations de l'organisation du travail. Les auteurs ont comparé les périodes et les territoires où cette pratique s'est développée avec ceux où elle restait marginale, en tenant compte de variables comme le niveau de revenu, les politiques familiales ou encore le taux d'emploi féminin. Résultat : lorsque les deux partenaires télétravaillent au moins un jour par semaine, le nombre d'enfants augmente en moyenne de 0,32 enfant par femme par rapport aux couples qui ne télétravaillent pas. Aux États-Unis, les chercheurs estiment que cela pourrait représenter jusqu'à 291 000 naissances supplémentaires par an.

Ce levier, c'est le télétravail. Les chercheurs montrent qu'en réduisant la contrainte horaire et les déplacements quotidiens, il modifie concrètement les conditions de vie des couples. Quand les deux partenaires sont plus souvent à domicile, il devient plus simple de se retrouver à deux, d'organiser son emploi du temps et de ménager des moments d'intimité, surtout lorsqu'il y a déjà un ou plusieurs enfants à la maison. Le temps de trajet économisé peut être réinvesti dans la vie familiale, et la fatigue liée aux transports diminue. Les travaux soulignent aussi que cette flexibilité réduit le stress perçu et améliore l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle, deux facteurs associés à un passage à l'acte plus fréquent en matière de projet d'enfant.

Ces résultats rappellent surtout que la décision d'avoir un enfant ne repose pas uniquement sur un désir ou sur un niveau d'information, mais sur des conditions de vie très concrètes. Le temps disponible, la fatigue, l'organisation du quotidien, la possibilité de concilier carrière et famille pèsent lourd dans la balance. Si la natalité recule dans de nombreux pays, ce n'est peut-être pas seulement une question d'envie, mais de cadre. À l'heure où les modes de travail évoluent, cette étude montre qu'agir sur l'environnement professionnel pourrait avoir des effets démographiques mesurables. Reste à savoir si ces transformations s'inscriront durablement dans le paysage et si elles bénéficieront à tous les couples, quel que soit leur secteur d'activité.