Retraite au soleil : au-delà de ce nombre de jours à l'étranger, vos aides peuvent disparaître
À la retraite, plusieurs prestations sont liées à une obligation de résidence en France, et le simple fait de passer trop de temps hors du territoire peut suffire à les faire sauter.
S'installer à l'étranger pour profiter d'un climat plus doux séduit de plus en plus de retraités français. Mais derrière le décor de carte postale, certaines règles administratives peuvent bouleverser un budget. En effet, plusieurs aides sociales, dont l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), ne sont attribuées que si la personne réside en France, ce qui peut remettre en cause la décision de s'expatrier à l'étranger.
L'ASPA complète les petites retraites pour garantir un revenu minimal aux personnes âgées disposant de faibles ressources. Son montant peut dépasser mille euros par mois pour une personne seule, représentant une part essentielle du budget de nombreux bénéficiaires. D'ailleurs, cette aide ne dépend pas seulement des revenus : elle exige aussi une résidence stable sur le territoire français, comme l'indique explicitement le site officiel du Service Public. Autrement dit, un retraité qui s'installe un certain temps à l'étranger peut donc perdre ce complément, même si sa pension de base continue d'être versée.
De plus, la disparition de l'ASPA entraîne d'autres effets en cascade. L'ASI, destinée aux personnes invalides aux ressources très modestes, repose elle aussi sur une condition de résidence en France. À cela s'ajoute la question de la santé, puisque les bénéficiaires de l'ASPA ont en principe droit à la complémentaire santé solidaire, qui permet une prise en charge quasi intégrale des soins sans avance de frais. Quand l'allocation vieillesse est supprimée, cette couverture l'est aussi.

Concrètement, un décret publié au Journal officiel fixe à neuf mois par an la durée de présence requise pour bénéficier de certaines prestations, dont l'ASPA. Cela revient à ne pas dépasser trois mois d'absence sur une année civile. Cette durée minimale de présence figure dans les textes officiels et est rappelée par les organismes publics d'information. Pour s'en assurer, les caisses peuvent demander des justificatifs de domicile et contrôlent la situation des retraités vivant hors de France, notamment à travers le certificat de vie annuel exigé pour continuer à percevoir une pension.
En revanche, les retraites versées par les régimes de base et complémentaires, comme l'Agirc-Arrco, restent dues à l'étranger, mais les prélèvements évoluent : certaines contributions sociales françaises cessent de s'appliquer, tandis qu'une cotisation d'assurance maladie spécifique peut être prélevée, comme l'explique l'Assurance retraite. Avant de décider de s'installer à l'étranger, il est donc indispensable de faire un point précis sur ses ressources et sur les aides perçues, car l'écart peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois.