Ce n'est pas la faute des parents : une étude révèle la vérité sur les ados de 13 ans et leurs familles

Portes qui claquent, règles contestées, discussions qui dégénèrent : les conflits entre parents et adolescents font partie du quotidien de nombreuses familles et pèsent parfois lourdement sur la vie familiale. Une étude menée en Suisse permet aujourd'hui d'identifier l'âge précis où les tensions au sein de la relation parents-enfants atteignent leur pic.

Ce n'est pas la faute des parents : une étude révèle la vérité sur les ados de 13 ans et leurs familles
© Karolina Grabowska www.kaboompics.com / Pexels

L'adolescence est souvent vécue comme une période délicate pour l'équilibre familial et la relation entre parents et enfants. Les parents voient leur enfant chercher davantage d'autonomie, remettre en question l'autorité et exprimer ses émotions de façon plus brute. De leur côté, les adolescents tentent de s'affirmer, parfois maladroitement, dans un cadre familial et parental qu'ils perçoivent comme trop contraignant. Résultat : les désaccords sur les sorties, les écrans, les règles de la maison ou l'école peuvent rapidement nourrir des conflits récurrents entre parents et enfants. Des chercheurs suisses ont justement voulu comprendre à quel moment précis les conflits entre parents et enfants atteignent leur pic, et comment la situation évolue ensuite au fil des années.

L'étude, menée par une équipe de recherche suisse et publiée dans une revue scientifique spécialisée en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, repose sur le suivi de plus de 1 500 jeunes. Les scientifiques se sont intéressés aux gestes physiques dirigés contre les parents lors de disputes familiales, ainsi qu'aux comportements menaçants survenant au sein du foyer. Premier constat, loin d'être anodin : environ un tiers des jeunes concernés ont eu au moins un épisode de ce type au cours de leur vie. 

Relation parents-adolescents ©  tatyanagl

Les chercheurs décrivent une courbe assez claire. Les comportements agressifs augmentent au début de l'adolescence, période marquée par une forte recherche d'autonomie, des règles plus souvent contestées et des capacités de régulation émotionnelle encore en construction. À ce moment-là, plus de 15 % des jeunes présentent ce type de comportement. Ensuite, la fréquence baisse progressivement. À l'entrée dans l'âge adulte, les agressions physiques envers les parents deviennent beaucoup plus rares et ne concernent plus qu'une petite minorité. Pour la plupart des familles, ces épisodes restent isolés et ne s'installent pas durablement dans la relation entre parents et adolescents. C'est d'ailleurs à l'âge de 13 ans que cette courbe atteint son point le plus haut. À ce stade, les tensions sont plus fréquentes, les réactions plus impulsives et les conflits peuvent rapidement dépasser le cadre verbal entre les ados et leurs parents. 

Les chercheurs invitent toutefois à ne pas banaliser toutes les situations. Si un dérapage ponctuel peut s'inscrire dans les tensions classiques de l'adolescence, la répétition des agressions change la donne. Parmi les jeunes qui ont déjà eu un comportement agressif envers leurs parents, une part non négligeable l'a fait plusieurs fois. Ce sont ces situations répétées, surtout lorsqu'elles s'intensifient avec le temps, qui doivent alerter. Même si ces tensions font partie des ajustements liés au passage de l'enfance à l'âge adulte, la situation tend à s'améliorer lorsque la relation parents-enfants se stabilise, que les désaccords se règlent autrement que par la confrontation physique et que les parents restent présents, à l'écoute et soutenants.