Les applis de fitness ne traquent pas que vos performances sportives : voici la vraie nature des informations qu'elles récoltent

Derrière les kilomètres avalés et les calories brûlées, une appli de fitness collecte une quantité de données personnelles qui dépasse largement le simple suivi sportif. Elle vous suit à la trace.

Les applis de fitness ne traquent pas que vos performances sportives : voici la vraie nature des informations qu'elles récoltent
© amenic181 / 123rf

Les applications de sport se sont installées dans le quotidien de millions de Français, que ce soit pour enregistrer un footing, planifier un programme d'entraînement ou partager une sortie à vélo. Pratiques, motivantes et souvent gratuites, elles accompagnent chaque effort et transforment le smartphone en coach de poche. Mais une étude récente montre que ces outils peuvent aussi devenir de véritables aspirateurs à données personnelles. 

L'analyse a été menée par la société de VPN Surfshark, qui a examiné seize applications de fitness populaires sur iPhone à partir des informations de confidentialité affichées sur l'App Store. Apple impose aux développeurs de détailler les types de données collectées, permettant ainsi de comparer les pratiques. En moyenne, les services étudiés récupèrent 12 types de données parmi les 35 catégories définies par Apple, un volume qui inclut aussi bien des identifiants que des données d'usage, de diagnostic ou liées à l'appareil.

Le point le plus sensible concerne toutefois le partage avec des acteurs extérieurs. "Sur 16 applications de fitness, 75 % partagent les données des utilisateurs avec des tiers", a déclaré Surfshark. L'entreprise précise la nature de ce mécanisme : "On appelle cela des données suivies, où le terme "suivi" désigne le fait de lier les données collectées par votre application à des données tierces." Concrètement, les informations issues de vos séances peuvent être croisées avec d'autres bases afin d'alimenter la publicité ciblée, des outils d'analyse marketing ou des systèmes de personnalisation.

fitbit
© Google

Parmi les applis bien connues en France, certaines plateformes de sport se distinguent par l'ampleur des données utilisées au-delà de leurs fonctions principales, notamment Strava, dont le modèle repose largement sur la dimension communautaire et l'analyse fine des activités. Des services liés à de grandes marques d'équipement sportif, comme Nike, figurent aussi parmi ceux qui exploitent des données personnelles à des fins publicitaires, y compris des informations considérées comme sensibles, selon l'étude. Au sein du panel analysé, une application se démarque très nettement par le volume de données récupérées, avec 24 types distincts déclarés, dont une grande partie jugée non indispensable au fonctionnement de base. Il s'agit de Fitbit, qui est aujourd'hui, selon Surfshark, l'appli de fitness la plus gourmande en données.

Heureusement, il existe un moyen d'éviter cette intrusion. Sur iPhone, mais aussi sur Android, il est recommandé de cocher, avant le téléchargement de l'application, l'option visant à refuser le suivi publicitaire entre applications et services. Bien que ce choix n'empêche pas la collecte de données en interne, il limite toutefois le partage avec des tiers.