Ce prénom féminin porté par plus de 2000 filles chaque année a bondi : "une grande part de mystère"
De plus en plus tendance ces dernières années, ce prénom devrait encore cartonner en 2026. Mais son ascension soudaine intrigue Stéphanie Rapoport, auteure de L'Officiel des prénoms.
Ce prénom féminin a connu une ascension remarquable en une dizaine d'années. Entré dans le top 100 en 2015, à la 84ᵉ place, il a poursuivi sa progression jusqu'à intégrer le top 10 en 2021. Les chiffres illustrent clairement ce décollage. En 2012, ce prénom n'est attribué qu'à 469 petites filles, puis atteint un sommet en 2021 avec 2 447 attributions. Depuis, il reste donné à plus de 2 000 enfants chaque année et devrait s'y maintenir encore en 2026. Une progression continue, presque régulière, qui intrigue Stéphanie Rapoport, auteure de L'Officiel des prénoms.
La spécialiste des prénoms s'est en effet longuement penchée sur ce phénomène. "Je me suis intéressée à l'incroyable parcours de ce prénom, qui garde pour moi une grande part de mystère, nous confie-t-elle. "Peu présent dans les pays anglophones ou hispanophones, il n'a connu qu'une diffusion modérée aux Pays-Bas et en Allemagne. Son succès semble donc très spécifiquement français, et désormais belge" ajoute-t-elle. Mais un autre élément semble tout de même inexplicable.
Le succès soudain du prénom féminin Romy reste en effet un mystère : "ce prénom ne décolle pas à la mort de Romy Schneider en 1982. Il n'est pas revenu à la faveur d'un anniversaire spécial, n'est pas incarné par une chanteuse ou actrice moderne", nous précise Stéphanie Rapoport. Alors, quel est son secret et pourquoi les parents sont-ils tant attirés par ce prénom féminin ces dernières années ?

Pour Stéphanie Rapoport, plusieurs éléments se conjuguent : "Mettons son succès français (et belge aujourd'hui) sur le fait que c'est un prénom court avec une terminaison à contre-courant (le "y" est pionnier et se démarque bien des désinences an "a" ou "ia"). Et aussi : Romy est un prénom neuf", nous précise la spécialiste des prénoms. Enfin, il y a une dimension cosmopolite et neutre : Romy s'utilise assez bien dans plusieurs langues, qui traverse les frontières tout en restant facile à porter. Cette adaptabilité ajoute à son attrait pour les parents qui veulent un prénom à la fois universel et unique.
Longtemps très peu attribué après sa première apparition dans les statistiques en 1960, Romy a donc pu séduire des parents en quête d'originalité sans excentricité, tout en offrant des sonorités familières, proches de prénoms déjà installés comme Rose ou Romane. En somme, ce n'est pas un événement extérieur qui a lancé Romy comme cela est souvent le cas pour d'autres prénoms. C'est plutôt une convergence de tendances esthétiques et culturelles, un style phonétique plaisant, et un positionnement très favorable dans les préférences actuelles des parents, qui ont fait de ce prénom une valeur sûre du classement français.