Ce que les profs essaient de repérer chez un élève dès les premiers jours de classe

Plusieurs profs nous révèlent ce qu'ils repèrent dans la classe dès le premier jour…et comment ils gèrent ces situations.

Ce que les profs essaient de repérer chez un élève dès les premiers jours de classe
© gorodenkoff / 123rf

Le jour de la rentrée est stressant pour les élèves comme pour les professeurs. Alors qu'une nouvelle année débute, les uns et les autres s'observent et se jaugent. La fébrilité est présente dans les deux camps. Du côté des profs, certains scannent la classe dès le premier jour, d'autres à l'inverse préfèrent observer et prendre le temps. C'est le cas de Sybille, prof de français en Bourgogne, qui refuse de mettre ses élèves dans une case le premier jour. "Je les accepte tels qu'ils sont. J'essaie vraiment d'être sans aucun jugement d'aucune sorte, sans a priori. Je préfère voir au fur et à mesure", explique-t-elle. 

Alban, prof de mathématiques à Paris, voit les choses un peu différemment. "Le premier jour, on les place généralement par ordre alphabétique. Ça permet de repérer les perturbateurs potentiels, mais aussi ceux qui n'ont pas l'air d'aller bien", indique l'enseignant. Toutefois, comme il l'observe, rares sont les élèves à sortir d'emblée le grand jeu. "C'est rare d'avoir à déplacer des élèves dès ce jour-là : en général, les "pénibles" se font discrets le premier jour. Ils préfèrent passer inaperçus et frapper plus tard, quand on commencera à travailler…", ajoute-t-il. Anna, prof d'histoire et géographie en région parisienne, a mis au fil des années une technique très au point. "Les premières heures sont stratégiques et souvent les élèves tombent dans les différents "pièges" qui vont nous aider à les catégoriser. Par exemple, il y a tout un tas de petits rituels qui permettent d'évaluer l'attitude générale avant même qu'ils arrivent en classe : la mise en rang, l'attitude et surtout le niveau sonore sur le chemin de la salle de classe et enfin les choix de places dans la salle quand on les laisse en liberté", explique-t-elle. 

Justement, le choix des places est très évocateur. "Personnellement, je laisse les élèves s'installer pour mieux les connaître : dans certaines classes, l'installation est très genrée, je sais donc que c'est un des sujets qu'il va falloir travailler en EMC (enseignement moral et civique)", observe l'enseignante. Les élèves pensent souvent que leurs professeurs n'y voient que du feu, et pourtant. "Certains élèves manquent de finesse : ils s'installent dès la première heure à côté d'un copain ou une copine et ne peuvent se retenir de bavasser, ils signent d'eux-mêmes leur séparation définitive... au moins pendant les heures de cours !", indique Maeva, prof de SVT. 

Marianne, prof d'allemand en Bretagne, ne leur donne pas le choix du placement, afin de "neutraliser" les éléments perturbateurs. "Le jour de la rentrée, je les place directement pour apprendre rapidement les prénoms. Ils savent que c'est moi qui décide et c'est tout", explique-t-elle. Cela lui permet de repérer les élèves bavards, mais aussi ceux qui vont être à l'aise avec le fait d'être dans une langue étrangère, et ceux qui le sont un peu moins.

Élèves et professeurs apprennent au fil de l'année à mieux se connaître, avec toujours en tête pour les profs l'idée de garder le contrôle sur la classe et de rebattre les cartes si nécessaire. "Le plan classe, je le change après chaque vacances scolaires, une fois que je connais mieux les élèves", conclut Marianne.