10 anecdotes sur l'accouchement racontées par une sage-femme

Evénements imprévus, naissances miraculeuses, crises de nerfs et perte de contrôle en salle d'accouchement... Sylvie Coché, sage-femme et auteure du livre "Poussez Madame !" raconte les situations les plus rocambolesques.

10 anecdotes sur l'accouchement racontées par une sage-femme
© Auremar-123RF

La naissance d'un enfant est un événement merveilleux. Sylvie Coché a mis au monde plus de 10 000 bébés au cours de ses trente années de carrière en tant que sage-femme. Autant d'années durant lesquelles elle a pu être témoin de nombreuses situations. Parmi ses "records" : le plus gros bébé né par voies naturelles pesait 5,48 kg, le plus petit 580 g, la plus jeune maman était âgée de 12 ans et la plus âgée de 49 ans. Lorsqu'elle était de garde, elle a même pratiqué 12 accouchements en 11 heures, seule. Dans son livre plein d'humour "Poussez, Madame ! Confessions d'une sage-femme"*, elle raconte ses anecdotes à la fois drôles, émouvantes, incroyables et parfois désopilantes. Evénements imprévus, naissances miraculeuses, accouchements surprenants et crises de nerfs en salle de travail, Sylvie en a vu de toutes les couleurs. Comme cette fois où une femme a accouché sans vraiment s'en rendre compte, ou lorsque la future maman qui était sur le point de donner naissance à son bébé lui avoue avoir eu une aventure avec un autre homme que son mari, imaginant le drame si l'enfant naissait métis... Sans oublier cette mère qui, sous la douleur des contractions, n'a pu s'empêcher de la maudire "jusqu'à la dixième génération" ! "Heureusement que je ne prends pas ces remarques pour moi, car nous sommes bien conscients que pendant le travail, les femmes peuvent parfois perdre le contrôle, et généralement, elles viennent ensuite s'excuser", nous confie la sage-femme lors d'une interview au Journal des Femmes. Florilège des situations les plus impressionnantes et amusantes...

Et s'il n'était pas le père de l'enfant ?

Sylvie Coché, sage-femme et auteure du livre "Poussez, Madame !" raconte l'histoire de cette femme hospitalisée pour une menace d'accouchement prématuré mais aussi dans le cadre d'un soutien psychologique. La raison ? La jeune femme avait eu un amant de couleur noire. Or, son mari (qui n'était pas au courant de son infidélité) et la future maman étaient blancs. Pendant sa grossesse, elle ignorait donc lequel des deux était le père et le moment de l'accouchement allait le révéler. "Elle imaginait déjà le drame si son bébé naissait métis !" confie Sylvie Coché. Mais heureusement, le bébé était le portrait craché de son mari...

"Je te maudis jusqu'à la 10ème génération !"

Lorsque la péridurale ne peut être effectuée, les futures mamans paniquent parfois et la douleur des contractions peut leur faire perdre les pédales. Si certaines hurlent, d'autres insultent et ce sont souvent les sage-femmes qui sont les premières visées. Comme le cas de cette jeune femme qui a déclaré sur la table de travail en regardant Sylvie Coché droit dans les yeux : "Je te maudis jusqu'à la dixième génération !" Après l'accouchement, la mère est revenue s'excuser. "Je ne sais plus très bien ce que je vous ai dit pendant l'accouchement mais je m'excuse. Je sais que vous avez fait tout ce que vous avez pu pour m'aider".

"Moi ! Tomber dans les pommes ? Je ne suis pas une femmelette"

Pendant l'accouchement, l'émotion est parfois trop intense pour les pères qui y assistent. Il n'est pas rare par exemple d'en voir s'évanouir. L'un d'entre eux, quelque peu "macho" ne s'imaginait pas que cela lui arriverait. "Moi ! Tomber dans les pommes ? J'en ai vu d'autres ! Je ne suis pas une femmelette !" dit-il à la sage-femme tout en regardant la pose de la péridurale, et en lui promettant de lui offrir une bouteille de champagne si cela lui arrivait. Le jeune papa s'évanouit finalement tandis que Sylvie Coché prend soin de l'allonger et de lui placer les jambes en l'air. Il a finalement tenu parole en lui apportant, une heure après la naissance de son enfant, la bouteille de champagne. 

La pesée : "Je ne fais qu'appliquer les consignes du pédiatre"

Pour rassurer les jeunes mères qui allaitent leur bébé, il est conseillé de peser le bébé avant et après la tétée. Une fois, en entrant dans la pièce où se trouvait le pèse-bébé, Sylvie Coché surprend une femme de dos, dans une position inconfortable. "Elle était penchée en avant, le haut du corps tourné légèrement de côté, se dévissant le cou pour essayer de lire les chiffres indiqués par la balance", explique la sage-femme. Dans la nacelle destinée à peser le bébé, la jeune maman avait posé un sein, précisant qu'elle ne faisait qu'appliquer les consignes du pédiatre, à savoir : peser avant et après la tétée ! "C'est dans ces moments-là que l'on se rend compte que ce qui nous paraît évident doit être expliqué le plus simplement et le plus clairement possible", conclut Sylvie Coché.

Un père peut-il en cacher un autre ?

Sylvie Coché a une bonne mémoire visuelle. Un matin, elle reconnaît une patiente qu'elle avait elle-même accouchée. En faisant entrer le père dont elle se souvient également, elle commence à discuter avec le couple et à se souvenir de la naissance de leur premier enfant. Elle demande alors au papa s'il est plus détendu que la première fois mais celui-ci se sent gêné. Sa femme lui explique alors qu'il s'agit du frère jumeau de son ex-mari !

"Cette vision du bébé en train de téter me hante encore"

La sage-femme se souvient d'une jeune maman qui s'étaitt endormie après un accouchement long et difficile, sans péridurale. Sa grand-mère était à ses côtés durant le travail, veillant sur le bébé et sa petite-fille. En sortant de la chambre, la sage-femme lui propose de l'appeler si besoin, mais un quart d'heure plus tard, lorsqu'elle retourne dans la pièce, elle aperçoit le bébé dans les bras de son arrière grand-mère, "couché en travers des genoux de la vieille dame", en train de "téter un sein tout flétri et raplapla qui lui pend dans la bouche", raconte Sylvie Coche. 

Difficile pour le papa d'enfiler "le chapeau"

Les personnes qui accompagnent les femmes enceintes en salle d'accouchement doivent impérativement porter des protections sur leurs vêtements et particulièrement sur les chaussures avant d'entrer dans la pièce. Un jeune papa, certainement stressé et désorienté le jour de la naissance de son enfant, est arrivé avec une blouse, et le visage "congestionné et suant, son front étrangement marqué et fripé", raconte la sage-femme. Lui qui avait mis la sur-chaussure sur la tête lui expliqua "qu'il avait eu du mal à enfiler le chapeau"...

"C'est émouvant de dire qu'un enfant qui n'est pas encore né vous serre déjà la main"

Les sage-femmes ont ce privilège d'être les premières en contact avec les nouveau-nés, notamment lorsque la poche des eaux est rompue. Sylvie Coché raconte dans son livre "Poussez, Madame !" qu'elle a pu sentir son doigt être tété par une petite bouche au moment du toucher vaginal. Ou de sentir des petits doigts attraper les siens et les serrer... "C'est émouvant de dire qu'un enfant qui n'est pas encore né vous serre déjà la main".

Comment la convaincre de ne pas appeler sa fille Kim ?

Il n'est pas toujours évident pour les parents de choisir le prénom de leur enfant. Pour certains, le nom de famille est parfois difficile à porter. Sylvie Coché a dû convaincre une jeune maman d'origine turque, portant le nom de Ankull, de ne pas appeler sa petite fille Kim. Lors d'un accouchement, elle a également rencontré une femme portant le nom de son époux : Singe. "Le gynécologue lui avoue la trouver courageuse de porter un nom aussi difficile et lui demande si elle n'aurait pas préféré garder son nom de jeune fille", raconte la sage-femme. La jeune maman lui répond alors "Non, mon nom de jeune fille, c'est Guenon !"

Hallucinations en salle de naissance

Il y a plusieurs années, un produit anesthésique utilisé avant de récupérer le placenta lorsque celui-ci ne se décollait pas, pouvait avoir des effets secondaires, provoquant des hallucinations. Après avoir fait sortir le mari, la sage-femme était restée aux côtés de la jeune maman, jusqu'à son réveil. "Elle m'attrapa par le cou, me tira violemment contre elle et me tenant fermement me cria : "Pierre, mon amour, je t'aime, embrasse-moi !", raconte la sage-femme qui avoue plus loin qu'en remplissant le dossier de sa patiente, elle s'est finalement aperçue que son mari ne s'appelait pas Pierre...

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