Terrible two : combien de temps dure la crise des 2 ans ?

Quelle est cette phase chez l'enfant appelée "terrible two" ? Combien de temps dure-t-elle et comment la gérer ? Eclairage et conseils de la psychologue Julie Scouppe.

Terrible two : combien de temps dure la crise des 2 ans ?
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Qu'est-ce que la période des deux ans, appelée "Terrible Two" ?

Le terrible two est une phase survenant vers 2 ans. "Même si elle n'est pas très agréable pour les parents, c'est une phase importante du développement de l'enfant, car elle contribue à sa construction psychique", décrypte la psychologue Julie Scouppe. En effet, le tout-petit, en faisant preuve d'opposition, notamment en disant "non" à tout, va expérimenter qu'il est un individu à part entière et qu'il a le droit de ne pas être d'accord avec les autres. Il découvre également qu'on ne peut pas lire dans ses pensées, ce qui participe à la construction de son individualité. 

Terrible two : signes, comment se manifeste cette phase ?

Depuis quelques temps, votre enfant dit non tout le temps, s'oppose pour à peu près tout : sortir, mettre mes chaussures, manger, prendre le bain, se coucher ? Il est probable qu'il entre dans la phase du terrible two. L'enfant dit même parfois non par habitude avant de dire oui, quand on leur propose un bonbon, par exemple. Selon la psychologue "il peut aussi faire des colères quand il se sent frustré et vouloir tout faire à sa façon"... C'est-à-dire pas celle qu'on lui aura demandé. Ce faisant, notre progéniture se forge son petit caractère.

Terrible Two : quand, durée, jusqu'à quel âge ? 

 Cette phase survient généralement autour de deux ans, d'où son appellation, mais peut débuter vers 18 mois comme vers 2 ans et demi. Cela peut ensuite durer de quelques mois à deux ans. "Vers 3 à 4 ans, en principe, la phase du terrible two est passée" note Julie Scouppe. Néanmoins, d'un enfant à l'autre, la phase du terrible two peut varier. Pour certains, le terrible two ne sera même pas si terrible : "tout dépend du bagage émotionnel, du tempérament, et de l'environnement dans lequel évolue l'enfant" précise la psy.

Que faire, quelles solutions pour gérer le Terrible Two ? 

Poser un cadre et des limites bienveillantes

"Le cadre et les limites qui vont être posées par les parents, la nounou, les adultes qui vont s'occuper de lui, vont être déterminantes, car ça va l'aider à se contenir et à connaître les limites", estime la psychologue. C'est d'ailleurs selon elle ce qui est délicat à cette période-là : "d'un côté il est important de lui permettre de vivre cette phase, d'exprimer ses envies et ses refus, mais il a besoin également de limites bienveillantes et contenantes". D'autant qu'à cet âge, l'enfant ressent des émotions, mais ne les comprends pas, "il est trop petit pour savoir les identifier, les distinguer, les gérer", précise-t-elle. C'est d'ailleurs pour ça que ses colères peuvent être d'une grande intensité, il est aux prises avec ses émotions. Si l'on est pressé, quand on fait les courses par exemple, on peut aussi céder si cela peut éviter un drame. "chacun fait comme il peut selon le moment et ses ressources" rassure la psy.essayer de lui faire penser à autre chose, à le faire switcher en cas de crise, peut être LA solution pour calmer le jeu.

Lui expliquer la raison de notre refus

Mais, avertit la psy : "il ne faut pas le faire tout le temps sinon on ne lui permet par d'identifier la raison de sa colère". A savoir, par exemple, que s'il n'a pas pu avoir de bonbons, c'est parce que c'est bientôt l'heure de dîner. Le reste du temps, on lui explique donc que c'est normal de ne pas être content, qu'on comprend, mais que c'est non. "Nommer, poser des mots sur ce qu'il ressent va lui apprendre à identifier ses émotions", souligne-t-elle. On lui exprime aussi pourquoi on refuse : parce que c'est dangereux, qu'il est tard, qu'on n'a pas le temps. "Un non tout seul ne va pas suffire à l'apaiser, l'enfant a besoin de comprendre pourquoi, que ce n'est pas non juste pour l'embêter" détaille Julie Scouppe.

L'enfant dit "non" pour imiter ses parents

Par ailleurs, l'enfant peut aussi être dans cette phase du "non" en imitation aux adultes qui lui répètent fréquemment à cet âge marqué par l'autonomisation : "non ne touche pas à ça, non ne vas pas par là". Résultat, il dit souvent non pour faire comme nous. Son conseil : s'efforcer de ne pas réagir en miroir sinon c'est l'escalade : un adulte qui crie ou s'énerve sur un enfant déjà en proie à ses propres émotions, ne va faire qu'empirer les choses. On reste donc calmes, mais fermes sans crier ni taper.

Bien différencier son comportement de sa personne

La psychologue insiste sur ce point car c'est souvent ce qui provoque de la souffrance à l'enfant et un manque de confiance en lui. Qu'il sache également que le fait qu'on le gronde ne remet pas en cause l'amour que l'on lui porte. 

Lui proposer une alternative

Une bonne solution pour l'aider à s'apaiser : lui proposer une alternative qui lui donnera l'impression qu'il peut décider en lui laissant le choix entre deux propositions choisies par nous. Une sorte de deal. Par exemple, s'il refuse de se coucher, on lui propose de choisir l'histoire du soir ou le pyjama qu'il va porter.

Se faire aider et consulter un spécialiste

Enfin, "quand on se sent démunis, qu'on ne comprend plus ses réactions, qu'il tape dès quand il est frustré, c'est important de se faire aider par un spécialiste", explique la psychologue. Son rôle consiste généralement simplement à nous redonner confiance en nos capacités parentales. "Les parents ont parfois peur de placer des limites ou de trop frustrer l'enfant par crainte qu'il ne les aime plus", observe-t-elle. Alors qu'au contraire, "des limites placées avec bienveillance, dialogue et amour, vont être très rassurantes pour l'enfant, elles vont lui permettre de cadrer, de contenir ses propres débordements émotionnels. Et il va sentir qu'il va pouvoir compter sur ses parents", rassure-t-elle. 

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