Ecole Covid : pourquoi donner accès au statut virologique et vaccinal des élèves ?

Chargement de votre vidéo
"Ecole Covid : pourquoi donner accès au statut virologique et vaccinal des élèves ?"

"Ce n'est pas quelque chose de dramatique du point de vue du secret médical", a déclaré Jean-Michel Blanquer sur Europe 1 au sujet de l'amendement visant à donner accès au statut virologique et vaccinal des élèves par les chefs d'établissements scolaires.

Les directeurs d'école pourront savoir si les élèves sont vaccinés ou non

[Mise à jour du 25 octobre à 10h19]. Dans le cadre du projet de loi "vigilance sanitaire" adopté à l'Assemblée nationale ce 21 octobre, un amendement visant à donner accès au statut virologique et vaccinal des écoliers a été adopté. Les directeurs des écoles, les principaux des collèges ainsi que les proviseurs des lycées pourront ainsi connaître quels sont les élèves vaccinés et ceux qui ne le sont pas. Ces informations concernant le statut vaccinal des élèves ne seront consultables que par la direction et ces données ne seront conservées que durant la période de l'année scolaire, précise le ministère. En ce qui concerne le statut épidémiologique (si l'enfant a eu le Covid et si le test est négatif), les données ne pourront être conservées plus de deux mois et elles seront anonymes pour l'académie. L'objectif de cette nouvelle mesure serait de rendre plus efficace la gestion de la crise et le protocole sanitaire, en facilitant l'accès aux données médicales des élèves. Elle permettra également de "faciliter l'organisation de campagnes de dépistage et de vaccination et d'organiser des conditions d'enseignement permettant de prévenir les risques de propagation du virus" précise le gouvernement. La gestion des retours à l'école, du contact tracing, ainsi que la relation avec les parents d'élèves sera par ailleurs plus simple, estime le ministère de l'Education nationale.

Une atteinte au secret médical des élèves ?

Certains dénoncent une levée du secret médical. Le Sénat doit à son tour se prononcer, d'ici jeudi, sur cette nouvelle mesure. "Ce n'est pas quelque chose de dramatique du point de vue du secret médical", a déclaré Jean-Michel Blanquer sur Europe 1 ce 25 octobre. "La sécurité juridique sera totale. (...). Cette mesure permettrait d'éviter que les parents ne mentent sur le statut vaccinal de leur enfant", a précisé le ministre de l'Education nationale. Actuellement, les parents fournissent une déclaration sur l'honneur en cas de Covid-19, lors du retour en classe. 

Masque à l'école : quel protocole selon les départements ?

  • 79 départements sans masque à l'école. A ce jour, 79 départements où le taux d'incidence est inférieur à 50 cas pour 100 000 habitants pendant 5 jours consécutif n'imposent plus le masque pour les élèves. Une nouvelle liste a été publiée le 14 octobre dans le Journal Officiel avec 12 nouveaux départements sans masque. En revanche, en raison de la hausse du taux d'incidence en Lozère, le masque redevient obligatoire pour les élèves de primaire alors qu'ils avaient cessé de le porter. Voici les 12 nouveaux départements concernés par la fin du port du masque à l'école élémentaire : L'Ain, l'Ariège, la Charente, le Cher, la Drôme, le Gard, l'Hérault, la Moselle, le Haut-Rhin, le Var, la Haute-Vienne, la Seine-et-Marne.
  • Masque obligatoire pour les enseignants. Malgré la levée du masque à l'école pour les élèves, les enseignants et le personnel doivent continuer à le porter, a confirmé Jean-Michel Blanquer ce jeudi 30 septembre. "Ça va arriver un jour je l'espère, et le plus tôt sera le mieux, mais pour l'instant ce serait prématuré et donc à ce stade, les adultes gardent leur masque [....] c'est ce qui a été vu par les autorités de santé", a précisé le ministre de l'Education nationale. 

Fermeture de classe et Covid : dans quels cas ?

En présence d'un cas positif au coronavirus dans une classe, les collégiens et lycéens vaccinés pourront poursuivre les cours en présentiel alors que leurs camarades non vaccinés devront rester chez eux durant 7 jours. "En primaire, lorsqu'il y aura un cas de contamination dans une classe, on fermera" a indiqué le ministre. 

Les dernières actualités sur le Covid à l'école

  • Pas de pass sanitaire à l'école. Le ministre a également réaffirmé qu'il n'y aurait pas de pass sanitaire au sein des établissements scolaires. "On ne saurait exclure un élève" qui ne serait pas vacciné, mais l'objectif est de conserver les classes ouvertes dans le second degré. Les élèves non-vaccinés doivent suivre les cours à distance lorsqu'un cas positif est détecté dans une classe. "Cette mesure a sans doute permis d'avoir beaucoup d'enfants vaccinés entre 12 et 17 ans", a-t-il déclaré ce 25 octobre sur Europe 1. "C'est aussi grâce à ça que depuis début septembre, très peu de classes ont été fermées en collège et en lycée".
  • Nombre d'écoles et de classes fermées en France. Le ministère de l'Education nationale a publié ce jeudi 21 octobre les chiffres concernant le nombre de classes et d'écoles fermées en France. En date du 21 octobre, 20 écoles et 1 246 classes sont fermées et le gouvernement enregistre 3620 élèves positifs et 257 parmi les membres du personnel.
  • Nouveau protocole expérimenté à l'école. Invité ce mardi 28 septembre sur FranceInfo, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a annoncé qu'un nouveau protocole sanitaire allait être expérimenté dans une dizaine de départements "probablement dès le début de la semaine prochaine", sur suggestion d'un avis du Conseil scientifique du 13 septembre. Il s'agit de : l'Aisne, l'Ariège, la Côte-d'Or, les Landes, la Manche, le Morbihan, la Moselle, le Rhône, le Val-d'Oise et le Var. L'instance préconise de réaliser des tests hebdomadaires systématiques dans les écoles primaires, "permettant alors de ne renvoyer chez eux que les enfants détectés positifs, et non tous les élèves de la même classe". En effet, avec ce nouveau protocole, un cas positif dans une classe n'entraînerait plus obligatoirement le renvoi automatique des enfants non-vaccinés chez eux. Désormais, un cas positif entrainera le dépistage de toute la classe. A l'issue duquel, seuls les cas positifs devront suivre des cours à distance pendant plusieurs jours. Ce dispositif sera mis en place dans des départements variés pour pouvoir les comparer. 
  • Nombre de tests hebdomadaires. L'objectif du gouvernement était fixé à 600 000 tests par semaine. "Aujourd'hui, on est autour de 200 000", a annoncé Jean-Michel Blanquer, avec un taux de positivité "en dessous de 0,15%". La raison : tous les parents ne donnent pas l'autorisation pour les tests. 
  • Jean-Michel Blanquer contre les dépistages massifs à l'école. Selon un avis du Conseil scientifique datant du 13 septembre et relayé par le quotidien Le Monde, le dépistage à l'école primaire devrait être systématique et hebdomadaire. "Seuls les enfants détectés positifs seraient alors renvoyés chez eux." Pour les collégiens et lycéens, le Conseil scientifique recommande un dépistage "dès le lendemain de l'apparition d'un cas avéré, tous les élèves d'un même niveau (et pas seulement les élèves d'une même classe, compte tenu du large brassage des adolescents entre eux). Mais, ensuite, il suffirait de n'isoler que les élèves positifs", précise Le Monde. Cette stratégie vise ainsi à éviter les fermetures de classes à l'école primaire et éviterait également de faire des différences entre les élèves vaccinés ou non vaccinés. Un avis que ne partage pas forcément Jean-Michel Blanquer. "La stratégie consistant à tester de manière extrêmement répétée, extrêmement massive, les enfants n'a pas que des avantages (...) Par exemple, la Société française de pédiatrie alerte sur le fait qu'il peut y avoir à la fois quelque chose d'anxiogène et de compliqué à faire cela de manière répétée", a expliqué le ministre de l'Education nationale lors d'une audition par la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation de l'Assemblée nationale ce 21 septembre. Jean-Michel Blanquer se dit plutôt favorable à un dépistage renforcé "sur certains territoires, lorsque la circulation du virus apparaît particulièrement forte".
  • Harmonisation des règles d'indemnisation des parents. En cas de fermeture de classe, et si l'enfant est positif au Covid, l'un des parents ne pouvant télétravailler pourra bénéficier des indemnités journalières dérogatoires, sans délai de carence, avec un complément employeur, et ce qu'il soit vacciné ou non.
  • Purificateurs d'air et détecteurs de CO2 : mieux vaut ouvrir les fenêtres. "Ni les détecteurs de CO2 ni les purificateurs d'air ne sont l'alpha et l'oméga de la lutte contre le Covid", a déclaré Jean-Michel Blanquer sur France Inter ce 1er septembre. Le ministre précise par ailleurs que les collectivités ayant besoin d'une aide financière pour se doter de ces appareils pourront être aidées par le gouvernement.