Covid étudiants : protections hygiéniques, emploi, repas, quelles aides ?

Frédérique Vidal vient d'annoncer la gratuité des protections hygiéniques pour les étudiantes dès la rentrée scolaire 2021. Face au Covid, le gouvernement met en place des chèques psychologiques, des repas à un euros et des aides pour la recherche d'emploi.

Covid étudiants : protections hygiéniques, emploi, repas, quelles aides ?
© Sirinapa-123RF

Quelles aides pour les étudiants en temps de Covid ?

[Mise à jour du 23 février à 15h29]. Le gouvernement prenait très au sérieux le mal être de certains étudiants en pleine crise sanitaire. "Notre jeunesse est en proie au doute sur son avenir (...) Aucun étudiant n'est laissé pour compte et livré à lui-même", a déclaré Gabriel Attal ce 17 février. Le porte-parole du gouvernement rappelle qu'une aide de 200 euros a été versée en juin aux jeunes les plus précaires, et 150 euros ont été attribués en novembre 2020 pour les élèves boursiers. Ces derniers ont également pu bénéficier de repas à un euro en septembre, une opération qui a été finalement étendue à tous les étudiants de France qui en font la demande. "Tous les étudiants qui le souhaitent peuvent avoir accès à deux repas complets par jour pour deux euros au total", a-t-il précisé. Ainsi, ce sont près de 1,350 million de repas à un euro qui ont été servis à travers 500 points de restauration partout en France, durant les trois premières semaines de mise en place de ce dispositif.

Des protections hygiéniques gratuites pour les étudiantes, dès la rentrée 2021

La ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé ce 23 février que les protections périodiques seraient gratuites pour toutes les étudiantes, dès la rentrée 2021Cette nouvelle mesure attendue par les associations féministes et les étudiantes vise à lutter contre la précarité des jeunes. Ainsi, 1500 distributeurs de protections hygiéniques seront installés dans les résidences universitaires des Crous ainsi que les services de santé. 

Emploi, aide de 500 euros, pour qui ?

  • Face à la perte de confiance en l'avenir, et les difficultés des jeunes à trouver un emploi, "nous avons multiplié les aides pour l'apprentissage, pour la capacité à être recruté en CDI ou en CDD de plus de trois mois, en incitant les entreprises à employer des jeunes", a assuré Gabriel Attal. Aussi, pour ceux qui rencontrent des difficultés malgré toutes ces mesures, "une aide spécifique, qui peut représenter jusqu'à 500 euros est ouverte aux jeunes diplômés en difficultés, y compris les non boursiers". Pour en bénéficier, ces jeunes seront accompagnés par Pôle Emploi ou par l'association pour l'Emploi des Cadres, l'Apec.
  • 1600 référents créés et 20000 tuteurs contre la solitude des jeunes. Pour "répondre à cette angoisse, à ce mal-être" des jeunes, liés à la solitude et à l'isolement, Gabriel Attal a indiqué que le gouvernement avait "décidé d'embaucher deux jeunes par cité universitaire pour créer du lien" auprès des jeunes. Le gouvernement compte employer 20 000 tuteurs dans l'enseignement supérieur et prévoit 1600 emplois de référents dans les cités universitaires.
  • Pour la reprise des cours des étudiants, "nous avons ouvert la voie en garantissant à chaque étudiant la possibilité de bénéficier d'un jour en cours en présentiel par semaine" précise Gabriel Attal. Aussi, pour lutter contre la détresse psychologique, le nombre de psychologues a été doublé à l'université et des chèques psy sont mis en place pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier d'une aide adaptée et de séances gratuites avec un professionnel. Enfin, le porte-parole du gouvernement a promis que les mesures destinées à soutenir les étudiants seront appliquées partout en France. "Il n'y aurait rien de pire que des promesses non suivies d'effet", a conclu Gabriel Attal. 

Les jeunes en souffrance psychologique

C'est une enquête qui a révélé l'ampleur du mal être des plus jeunes. Réalisée par l'Institut Ipsos pour la Fondation Fondamental et publiée ce 28 janvier, elle confirme que les jeunes sont en grande souffrance psychologique. Près d'un tiers des 18-25 ans ont des pensées suicidaires et plus d'un sur cinq ont été victimes de troubles dépressifs "sévères ou modérément sévères" au cours des deux semaines précédentes. En outre, la plupart de ces jeunes ne sont pas optimistes concernant leur avenir plus ou moins proche : près de deux tiers d'entre eux estiment que la crise sanitaire "aura des conséquences négatives sur leur santé mentale". C'est pour cette raison que le gouvernement a annoncé la mise en place de chèques psychologiques à destination des jeunes, pour leur permettre de consulter plus facilement. 

Chèques psychologiques pour les étudiants : comment ça marche ?

Isolement, décrochage et difficultés à se projeter pour leur avenir en cette période de crise sanitaire, les étudiants sont nombreux à avoir le moral en berne et à présenter des signes de dépression. Pour les soutenir, le gouvernement avait annoncé la mise en place de chèques psychologiques pour permettre aux étudiants en difficulté de consulter un psychologue libéral. Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, avait donné des précisions concernant ces chèques psychologiques ce 1er février. "Il faut aller voir son médecin généraliste au sein du service de santé universitaire ou choisir sur une liste un médecin parmi les professionnels qui ont signé une convention avec les services de santé universitaires. Ensuite, les étudiants n'ont qu'à faire leur choix parmi une liste de psychologues. Les séances prises en charge durent 45 minutes", avait expliqué sur BFM TV Frédérique Vidal qui ajoutait que certains étudiants pourraient aussi être envoyés, au besoin, vers des psychiatres appartenant au même réseau.

Les dernières actualités concernant les étudiants

  • Report des stages. Les étudiants peinent actuellement à trouver des stages en raison de la crise sanitaire et de la généralisation du télétravail "Au deuxième et troisième trimestre (2020), on a compté 20% de stages en moins", a confirmé la ministre du Travail sur FranceInfo ce 11 février. Le gouvernement a donc décidé d'agir. "Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, réfléchit à décaler ces stages (...) il faut assouplir les règles pour valider les cursus", a ajoute Elisabeth Borne.
  • Résiliation des abonnements annuels des étudiants à Nantes. Conscients que beaucoup d'étudiants rencontrent actuellement des difficultés financières, Nantes Métropole a décidé de faciliter la résiliation de leur abonnement annuel de transports en commun après 8 mois d'engagement. "Il suffira d'un simple mail pour pouvoir résilier ou basculer sur l'offre sur mesure. Une mesure attendue par ceux qui sont retournés vivre chez leurs parents dans une autre ville par exemple", a indiqué Johanna Rolland, la maire de Nantes, selon Ouest France. Les étudiants peuvent adresser un mail ou un courrier à la société des transports Semitan (semitan@tan.fr), avant le 15 mars accompagné d'une copie de leur carte d'étudiant pour demander la résiliation ou la modification de leur abonnement.
  • Restaurants universitaires et repas à un euro. Le Président de la République avait déclaré en janvier que tous les étudiants qui en font la demande, qu'ils soient boursiers ou non, auraient "accès aux paniers repas à 1 euro dans les restaurants universitaires". Ce 5 février, Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, avait indiqué sur la chaîne Twitch de HugoDécrypte. que les étudiants allaient pouvoir à nouveau "manger sur place" dans les restaurants universitaires "dans les jours à venir". Jusqu'ici, seule la vente à emporter était proposée dans les restos U qui rouvrent progressivement depuis le retour partiel des étudiants dans les universités. "Le décret va être pris dans les prochains jours et on va pouvoir remanger dans les espaces Crous, avec des règles sanitaires très strictes, mais on ne sera pas obligé de partir avec son sachet et d'aller manger dehors ou à quatre dans une voiture", avait expliqué Frédérique Vidal qui ajoutait que les restaurants universitaires pourraint rester ouverts "au-delà de 18 heures", pour permettre aux étudiants de récupérer leur repas à un euro en fin de journée.
  • Etudiants et vaccins : une priorité aux jeunes ? Ce 31 janvier, le député centriste Jean-Christophe Lagarde avait plaidé pour la vaccination des étudiants de manière prioritaire avec le vaccin AstraZeneca. Les premières doses d'AstraZeneca que nous recevrons devraient être consacrées à nos 2,8 millions d'étudiants, pour les vacciner et leur permettre de reprendre une vie normale" sur Radio J. "Il faut qu'on relibère les jeunes (…) et qu'on leur ouvre la porte des universités" avait-il ajouté.
  • Universités : un jour en présentiel par semaine pour les étudiants. S'ils le souhaitent, les étudiants peuvent désormais se rendre un jour par semaine à l'université en présentiel. "Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu'un salarié (...) S'il en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine" dans des amphis avec une jauge maximum de 20%, avait expliqué Emmanuel Macron en janvier. Les étudiants ont également la possibilité de continuer à suivre les cours à distance. Emmanuel Macron avait cependant averti les étudiants : "le retour à la normale n'est pas envisageable au deuxième semestre" de l'année universitaire et il faudra vivre "avec les contraintes" sanitaires "jusqu'à l'été". Rappelons que les cours en présentiel dans les universités, mais aussi les grandes écoles ont été suspendus fin octobre 2020. Au début du mois d'octobre, le gouvernement avait déjà demandé aux universités qui se trouvaient dans une zone d'alerte renforcée ou maximale de réduire le nombre d'étudiants qu'elles accueillaient dans leurs locaux. 

Quels sont les services universitaires maintenus ?

  • Accueil sur rendez-vous des élèves dans les bibliothèques universitaires et centres de documentation et dans les salles équipées de matériel informatique ;
  • vente à emporter de repas fournis par le restaurant universitaire ;
  • accueil sur rendez-vous dans les services administratifs ;
  • accès aux services de médecine préventive et de promotion de la santé et services sociaux, aux activités sociales organisées par les associations étudiantes, aux laboratoires et unités de recherche pour les doctorants.

Des tests antigéniques et salivaires à l'université

Alors que le gouvernement a annoncé le déploiement d'un million de tests par mois pour les élèves et les enseignants, Frédérique Vidal a également précisé que pour mieux surveiller l'évolution de l'épidémie dans les établissements, des tests antigéniques vont être mis à disposition des universités avec des dépistages individuels ou collectifs.

Ce 5 février, Olivier Véran avait, aussi, annoncé lors d'une conférence de presse que des tests salivaires de détection du Covid-19 seraient réalisés dans les universités "au retour des vacances scolaires". L'examen du test sera ensuite réalisé de manière classique dans des laboratoires. "Ce serait formidable si on pouvait disposer de tests salivaires qui vous rendent un résultat en quelques minutes, mais à ce stade, les études ne sont pas favorables à leur utilisation, parce que la sensibilité des tests qui existent aujourd'hui est trop faible", a ajouté le ministre de la Santé.

Partiels, examens et concours : comment ça va se passer ?

Frédérique Vidal a précisé ce 14 janvier que certains partiels étaient en train de se tenir. "La possibilité est donnée aux établissements de les organiser à distance, ou en présentiel. Certaines matières se prêtent à des évaluations à distance, d'autres non, explique la ministre de l'Enseignement supérieur. En ce qui concerne les examens et concours nationaux, il s'agit des mêmes protocoles sanitaires stricts qu'à la sortie du premier confinement. "Ces examens et concours se déroulent donc en présentiel".

Pourquoi les universités ont-elles fermé ?

Depuis la rentrée universitaire, les établissements d'enseignement supérieur étaient particulièrement touchés. En cause notamment : le mode de vie étudiant. Friands de colocation, de soirées étudiantes, ils passent en outre, bon nombre de leurs journées à suivre leurs cours dans des amphithéâtres bondés. Résultat, une dizaine de clusters avaient été identifiés dans les universités françaises. "La jeunesse paie le prix fort de la crise sanitaire", regrettait Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, lors de sa conférence de presse de rentrée organisée ce 15 septembre 2020. Pour le gouvernement, si les étudiants étaient de plus en plus nombreux à être infectés par le covid-19, c'était à cause de leurs rassemblements festifs nombreux, comme les week-ends d'intégration et les soirées étudiantes