Pour éviter les disputes liées aux écrans avec ses ados, les psychologues ont une méthode toute trouvée

Le téléphone à table, les vidéos jusque tard le soir, les fameux "j'arrive dans deux minutes" qui durent une demi-heure... Les psychologues expliquent qu'il existe une façon de limiter les disputes liées aux écrans avec son adolescent. Et tout le monde y trouvera son compte.

Pour éviter les disputes liées aux écrans avec ses ados, les psychologues ont une méthode toute trouvée
© asphoto777 / 123RF

Qui n'a jamais entendu un parent lancer un "Tu peux poser ton téléphone cinq minutes ?" avant de voir son ado lever les yeux au ciel ? Les conflits entre parents et adolescents font presque partie du package. Ils sont fréquents, parfois épuisants, mais aussi tout à fait normaux. Les spécialistes le rappellent : à cet âge-là, les jeunes prennent leurs distances, testent les règles et veulent gagner en liberté. En face, les parents continuent de vouloir les protéger des écrans et des dérives d'internet. Forcément, ça frotte un peu.

Et parmi tous les sujets qui reviennent sur la table, les écrans décrochent facilement la médaille d'or. Entre le téléphone, les réseaux sociaux, les vidéos, les jeux ou les discussions avec les copains, difficile de savoir où placer le curseur. Pourtant, selon plusieurs experts interrogés par le HuffPost, le téléphone n'est souvent que la partie visible de l'iceberg.

Pour Saba Harouni Lurie, thérapeute conjugale et familiale, le vrai sujet est ailleurs. "Au cœur de presque tous les conflits entre parents et adolescents se trouve la question de l'autonomie et du libre arbitre." En clair, les adolescents veulent décider un peu plus par eux-mêmes. "Ils cherchent à se définir, et ce processus implique naturellement de revendiquer davantage d'indépendance", ajoute-t-elle. Bref, ce besoin est normal. Il fait même partie de leur développement.

Dans ce contexte, avant d'imposer des règles bien précises, la psychologue JJ Kelly conseille donc de commencer par une vraie discussion. Son idée est simple : faire preuve de "curiosité" pour comprendre ce qui pousse un adolescent à passer autant de temps sur son téléphone, la télé ou l'ordinateur. Est-ce qu'il traverse une période difficile ? Est-ce qu'il se sent sous pression au collège ou au lycée ? Est-ce qu'il cherche juste à décompresser ? "Si votre adolescent passe cinq heures par jour devant un écran, demandez-vous – et demandez-lui ensuite – ce qui se passe réellement en lui", résume-t-elle. Car "retirer l'écran sans s'attaquer au problème sous-jacent ne fait que déplacer l'évitement ailleurs", insiste-t-elle.

Une fois que tout le monde a pu en parler calmement, les psychologues recommandent de définir des règles très concrètes. Combien de temps par jour ? À quels moments ? Quels appareils ? Quelles exceptions le week-end ou pendant les vacances ? Plus ces points sont clairs, moins ils laisseront de place aux négociations de dernière minute. Vous l'aurez compris, "quand les attentes sont mises par écrit, acceptées et affichées sur le réfrigérateur avant même qu'une dispute n'éclate, le plus gros du travail est déjà fait", conclut JJ Kelly.