Ces derniers mois, la ceinture a repris pas mal de place dans nos tenues. On l'a vue très fine sur les pantalons, beaucoup plus large sur les robes, parfois par-dessus une veste et même remplacée cet été par un foulard noué autour des hanches. Pour l'automne, la mode continue de marquer la taille, mais commence à manquer d'intérêt pour la traditionnelle lanière en cuir. La nouvelle idée repérée sur les podiums vient d'un tout autre rayon du dressing.
Les pantalons larges, les chemises amples et les vestes généreuses restent bien installés cette saison, mais à force d'empiler les volumes, la silhouette peut vite manquer de structure. Ajouter un twist à la taille permet de casser cet effet sans changer toute sa garde-robe. Sauf que l'accessoire qui commence à s'imposer est beaucoup plus large qu'une ceinture ordinaire. Il enveloppe une partie du ventre, se pose par-dessus le vêtement et devient l'un des éléments les plus visibles de la tenue. Sur un jean et une chemise blanche, par exemple, il suffit à donner une allure différente à deux basiques que l'on possède déjà.
Ce détournement s'est notamment fait remarquer sur les podiums parisiens. Pour l'automne-hiver 2026, Valentino l'a glissé sur des silhouettes qui n'avaient plus grand-chose à voir avec une tenue de cérémonie traditionnelle. Alessandro Michele l'a associé à des pièces à sequins, des robes courtes, mais aussi à du denim. Chez Issey Miyake, l'accessoire accompagne des pantalons raccourcis et des chaussures plates. Et Celine vient d'en proposer une autre lecture lors de ses défilés masculins à Paris. Michael Rider l'a décliné dans des couleurs moins conventionnelles, notamment du prune et du rose, avec des pantalons larges. Autrement dit, on est loin du petit accessoire noir condamné à passer sa soirée coincé sous une veste de costume.
Cette fameuse pièce, c'est la ceinture de smoking, également appelée cummerbund. Oui, celle que l'on associe davantage à une tenue de gala qu'à un jean du lundi matin. Cette large bande de tissu a une histoire bien plus ancienne que son retour actuel. Elle descend du kamarband, une pièce portée en Inde et adoptée au XIXᵉ siècle par des officiers britanniques qui cherchaient une alternative au gilet avec leurs tenues habillées. Elle s'est ensuite imposée dans le vestiaire masculin de cérémonie. Sauf qu'en 2026, les créateurs ont décidé de lui faire quitter le smoking : elle se porte désormais bien en évidence, sur du denim, une robe ou un pantalon ample, parfois dans des couleurs loin du traditionnel satin noir.
La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas nécessaire d'attendre que toutes les enseignes françaises en proposent une version estampillée "nouvelle tendance". Les modèles classiques existent déjà et les placards familiaux peuvent réserver quelques surprises. Pour adopter l'idée sans avoir l'impression de partir à l'Opéra à 9 heures du matin, le plus facile reste de l'associer à des vêtements quotidiens. Une deuxième vie inattendue pour un accessoire qui, jusqu'ici, avait surtout l'habitude de sortir les jours où quelqu'un disait oui devant le maire.