Avoir un enfant préféré : ce que cela traduit selon un pédopsychiatre (et ce n'est pas une mauvaise nouvelle)
Beaucoup de parents n'osent pas se l'avouer, pourtant, avoir une préférence pour l'un de ses enfants est une réalité très fréquente. Selon un pédopsychiatre, il y a une raison très précise à ce phénomène.
Quand on devient parent, on pense aimer automatiquement chacun de ses enfants exactement de la même manière. Dans les faits, les choses sont souvent plus nuancées. Certains parents se sentent plus proches d'un enfant à une période donnée, partagent davantage de centres d'intérêt avec lui ou ont simplement une relation qui leur paraît plus fluide. Cette réalité peut susciter de la culpabilité, alors même qu'elle est loin d'être exceptionnelle. Le pédopsychiatre Michael Guetta, interrogé par le média Débunk, rappelle d'ailleurs que de nombreux sentiments parentaux considérés comme problématiques relèvent en réalité du fonctionnement normal d'une famille.
Parmi les idées reçues les plus tenaces figure celle de l'amour immédiat à la naissance. Dans l'imaginaire collectif, la rencontre entre un parent et son bébé serait forcément accompagnée d'un attachement instantané. Pourtant, ce scénario n'est pas universel. Après un accouchement difficile, une grossesse compliquée ou simplement face au bouleversement que représente l'arrivée d'un enfant, certains parents ne ressentent pas immédiatement cet élan affectif attendu. Cela ne signifie pas qu'ils seront moins attachés à leur enfant dans les mois ou les années qui suivent. Le lien se construit parfois progressivement, au fil des soins, des échanges du quotidien et des expériences partagées.

La question de l'enfant préféré appartient à la même catégorie de sujets sensibles. Ce que traduit finalement cette préférence n'est pas un manque d'amour pour les autres enfants. Selon le pédopsychiatre, elle reflète surtout les affinités personnelles du parent, sa propre histoire, son vécu et sa manière d'entrer en relation avec les autres. Autrement dit, elle parle autant du parent que de l'enfant concerné. Il peut, par exemple, se reconnaître davantage dans l'un de ses enfants ou être plus sensible à sa façon d'être. Cela ne signifie pas pour autant qu'il aime moins les autres.
Beaucoup de parents refusent d'en parler de peur d'être jugés. Pourtant, selon Michael Guetta, cette préférence n'a rien d'exceptionnel. Les enfants ont des personnalités différentes, des besoins différents et des façons très variées d'entrer en relation avec leurs parents. Il est donc logique que certaines interactions paraissent plus naturelles que d'autres. À l'inverse, une relation peut parfois demander davantage d'efforts sans que cela remette en cause l'affection portée à l'enfant.
Un autre sentiment souvent passé sous silence peut aussi être souligné, celui de la jalousie que peut susciter la relation entre son partenaire et les enfants. Là encore, beaucoup de parents pensent qu'il s'agit d'une émotion anormale. Néanmoins, elle apparaît régulièrement dans les familles. Certains ont aussi le sentiment d'incarner plus l'autorité quand l'autre parent bénéficie d'une relation plus légère ou plus complice. Pour autant, elle ne traduit pas nécessairement un dysfonctionnement familial. Les relations entre parents et enfants évoluent constamment et les équilibres se déplacent au fil des âges, des étapes de développement et des circonstances de la vie familiale.