Pour ne pas élever un enfant à l'ego surdimensionné, appliquez ces 3 conseils de psy

Avoir confiance en soi, c'est une bonne chose. Se croire au-dessus des autres, beaucoup moins. Une psychologue révèle les 3 repères qui aident un enfant à grandir sans développer une vision exagérée de sa propre importance.

Pour ne pas élever un enfant à l'ego surdimensionné, appliquez ces 3 conseils de psy
© liudmilachernetska / 123RF

Tous les jeunes enfants passent par une phase où ils se placent naturellement au centre de leur univers. C'est une étape normale du développement. Ils ont du mal à attendre, supportent rarement la frustration et considèrent leurs envies comme prioritaires. Rien d'inquiétant jusque-là. Selon la psychologue clinicienne Shahrzad Jalali, ce fonctionnement fait même partie de la construction de l'identité. Le véritable enjeu apparaît plus tard, lorsque l'enfant grandit et doit apprendre que les autres existent avec leurs besoins, leurs émotions et leurs limites.

La spécialiste rappelle qu'un enfant n'est pas destiné à développer un trouble de la personnalité narcissique parce qu'il se montre exigeant ou centré sur lui-même à trois ou quatre ans. Ce trouble, qui se caractérise notamment par un sentiment de supériorité, un besoin constant d'admiration et un manque d'empathie, relève d'une réalité clinique bien plus complexe. En revanche, certains comportements ou certaines habitudes éducatives peuvent favoriser l'installation de traits narcissiques au fil du temps. Pour elle, la question n'est pas de savoir si un enfant pense que le monde tourne autour de lui, mais s'il continue à le croire en avançant en âge.

Très concrètement, pour limiter le risque de voir s'installer un ego surdimensionné, Shahrzad Jalali recommande de concentrer son attention sur trois points précis. Le premier consiste à associer des limites claires à une véritable connexion émotionnelle. Un enfant doit comprendre que certaines règles ne sont pas négociables, tout en sachant que l'affection de ses parents ne dépend pas de son comportement du moment. Le deuxième conseil est de valoriser l'effort, les démarches et les valeurs plutôt que les seuls résultats. Lorsqu'un enfant se sent reconnu uniquement lorsqu'il réussit, il risque de construire son estime de soi sur la performance. Enfin, le troisième axe repose sur le développement de l'empathie, notamment en aidant l'enfant à identifier ce que ressentent les autres et à prendre en compte des points de vue différents du sien.

À noter que, pendant longtemps, la crainte principale consistait à penser que des parents trop admiratifs fabriquaient des enfants persuadés d'être exceptionnels. La réalité est plus nuancée. Shahrzad Jalali observe que des enfants qui se sentent ignorés, constamment comparés aux autres ou peu soutenus sur le plan émotionnel peuvent également développer une image d'eux-mêmes déséquilibrée. Derrière une apparence de grande confiance se cache parfois une fragilité importante. L'objectif n'est donc pas de flatter davantage ni de devenir plus sévère, mais de trouver un cadre cohérent permettant à l'enfant de construire une estime de soi solide.