La règle parentale 5:1 serait la clé pour transformer radicalement l'ambiance à la maison selon les psys

Face aux tensions familiales, nous avons naturellement tendance à nous focaliser sur ce qui ne va pas. La règle "5:1", validée par la science, permet d'inverser la tendance pour apaiser le quotidien et renforcer le lien avec vos enfants.

La règle parentale 5:1 serait la clé pour transformer radicalement l'ambiance à la maison selon les psys
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La parentalité ressemble souvent à un travail d'équilibriste : comment gérer à la fois le stress du quotidien, faire respecter son autorité, s'assurer du bon fonctionnement du foyer, surveiller les devoirs, apaiser les tensions entre frères et sœurs... tout en restant calme et en s'accordant des vrais moments de complicité familiale ? Face à toutes ces obligations, beaucoup de parents ont du mal à relâcher la pression et ont tendance à se focaliser sur les problèmes et la façon de les résoudre, plutôt qu'à célébrer les petites victoires.

Et c'est d'ailleurs valable dans tous les aspects de la vie : la parentalité, certes, mais aussi le travail ou encore le couple. C'est d'ailleurs en étudiant des couples mariés pendant près de 20 ans que le psychologue américain John Gottman a observé la règle "5:1", ou le "ratio magique" qui se retrouve dans les relations les plus saines et durables. Un principe tout à fait applicable au lien qui unit un parent et son enfant : "Lorsque les parents appliquent cette règle de façon constante, ils donnent l'exemple en matière de régulation émotionnelle, réduisent le stress familial et contribuent à développer la confiance et la résilience chez leurs enfants. Au début, mettre en pratique ce ratio peut sembler étrange, forcé, voire ridicule, mais les bienfaits sont considérables", suggère Carla C. Allan, cheffe du service de psychologie de l'hôpital pour enfants de Phoenix, auprès du magazine Parents

La règle 5:1 est très simple : pour chaque interaction négative, il faut cinq interactions positives. Il s'agit ainsi de souligner plus régulièrement les réussites ou bons comportements, pour contrebalancer les petites réprimandes inévitables du quotidien. Bien sûr, il ne s'agit pas de "tenir un décompte précis" à chaque fois, mais de garder en tête que si on gronde un enfant qui désobéit, par exemple, il faut aussi faire remarquer dès qu'il écoute et coopère. Il en va de même pour les bonnes et les mauvaises notes, pour les chambres bien rangées et les vêtements qui traînent, pour les moments de complicité et les disputes entre frères et sœurs, ou encore pour les périodes de calme et les crises de colère. 

"En raison de notre tendance naturelle à percevoir les menaces ou les problèmes plus rapidement que les événements positifs, les parents ont tout intérêt à développer leur conscience de soi et à s'exercer de manière ciblée afin que les interactions positives ne soient pas éclipsées par des moments de correction", explique la psychologue. Autrement dit, la règle 5:1 nécessite de ne plus percevoir les comportements positifs comme simplement "normaux", mais de les pointer du doigt plus souvent qu'on ne le fait pour les comportements négatifs. Grâce à ce ratio, l'enfant intègre que la plupart des interactions avec ses parents sont harmonieuses, et qu'il se trouve donc dans un environnement sécurisé, réduisant ainsi son besoin "d'adopter des comportements perturbateurs pour attirer l'attention"

En fin de compte, adopter ce "ratio magique" ne demande pas de devenir un parent parfait, ni de transformer le quotidien en un calcul permanent, et encore moins de supprimer totalement les interactions négatives. Il s'agit simplement d'opérer un léger changement de perspective : cesser de traquer uniquement ce qui ne va pas, pour commencer à célébrer ce qui va bien. En apprenant à verbaliser plus souvent ces précieux moments de calme, de coopération ou de gentillesse, on s'offre une double victoire. Non seulement on allège la pression qui pèse sur nos épaules, mais on construit aussi un climat de confiance solide et durable avec nos enfants.