La science l'a prouvé : les adolescents sont volontairement égoïstes, et ce n'est pas une question d'éducation

Si vous pensiez qu'être conciliant avec votre ado allait le pousser à coopérer à la maison, détrompez-vous. Une nouvelle étude explique enfin pourquoi faire un pas vers lui se retourne toujours contre vous.

La science l'a prouvé : les adolescents sont volontairement égoïstes, et ce n'est pas une question d'éducation
©  edhar

Les adolescents ont mauvaise presse, et ce, depuis toujours. Quand on devient parent, c'est un avertissement que l'on ne peut pas éviter : "Bonne chance pour quand il sera ado !" C'est la fameuse "crise" qui intervient généralement entre 12 et 18 ans, et qui semble n'en plus finir pour les autres membres de la famille qui subissent le caractère des jeunes en pleine puberté. Les clichés sont tenaces : les ados manquent de respect à leurs aînés, ils n'en font qu'à leur tête, ils sont constamment sur leur téléphone, ont toujours la flemme... et surtout, ils ne pensent qu'à eux. 

Bien sûr, certains seront l'exception qui confirme la règle, mais c'est justement là que les parents pourront se rassurer : il existe bel et bien une règle qui dit que les adolescents sont égoïstes, et que c'est tout à fait normal. C'est non seulement dans l'ordre des choses, mais c'est un comportement universel qu'ils choisissent inconsciemment, et qui n'a rien à voir avec l'éducation qu'ils ont reçue. C'est en tout cas ce qu'est venu prouver une étude de l'Université de Pékin, publiée début 2026 dans la revue scientifique eLife

© sylv1rob1

Des chercheurs en neurosciences cognitives et d'apprentissage ont mené l'expérience du "dilemme du prisonnier", avec 127 adolescents et 134 adultes, pour comparer les choix des jeunes et de leurs aînés. À chaque tour, le jeu consiste à choisir entre coopérer avec son partenaire, auquel cas les deux en retirent un bénéfice, ou le trahir pour maximiser son profit personnel. Sur plus de 100 tours, le constat est le même : les ados sont systématiquement moins coopératifs que les adultes, alors qu'ils sont tout aussi capables de reconnaître quand quelqu'un fait un effort pour eux. C'est-à-dire qu'ils décident volontairement de se montrer égoïstes. Pire encore, non seulement les ados ont tendance à faire cavalier seul, mais surtout, ils le font d'autant plus quand l'autre personne avait d'abord choisi de coopérer. 

Ce comportement défie toute logique : quand un adulte voit son partenaire coopérer plusieurs fois de suite, son cerveau s'adapte et trouve de la satisfaction à renvoyer l'ascenseur. Mais l'adolescent n'accorde pas de valeur à ce principe de réciprocité, ou du moins très peu. L'étude confirme que lorsque l'ado est certain que son partenaire va se montrer gentil, lui tourner le dos devient la stratégie optimale pour maximiser son gain personnel, au détriment de la cohésion sociale qu'ils auraient pu créer ensemble à long terme. En clair, plus vous coopérez avec un ado, moins il coopérera avec vous. Mais les chercheurs rassurent : il s'agit d'une étape de développement normale, et non d'une anomalie. Ce comportement n'a rien donc à voir avec une mauvaise éducation ou un manque d'empathie. À cette période de la vie, le cerveau est biologiquement programmé pour prioriser l'intérêt personnel et tester les limites.

Ainsi, quand un adulte tend la main à son adolescent et que celui-ci "en profite", ce n'est pas une agression personnelle ni un échec parental : c'est simplement le cerveau de l'ado qui applique une stratégie, car il sait qu'il est en terrain conquis et sécurisé. Pas d'inquiétude, cette tendance à profiter de votre gentillesse va s'estomper avec les années. La comparaison avec le groupe des adultes prouve qu'en mûrissant, les mécanismes cérébraux évoluent naturellement vers la réciprocité et le sens de l'équité.