Fin 2019, qui trouve encore l'amour via une agence matrimoniale ? Carine, 45 ans, raconte

Après des années de célibat, de rencontres sur Internet et d'échecs à la clé, Carine, 45 ans, a fait le choix de passer par une agence matrimoniale. Elle nous raconte comment ça se passe, combien ça coûte (très cher) et surtout ce que ça donne… Témoignage.

Fin 2019, qui trouve encore l'amour via une agence matrimoniale ? Carine, 45 ans, raconte
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L'histoire commence il y a deux ans. Carine, 45 ans, célibataire, discute avec sa gardienne d'immeuble des amours qui vont et viennent. Celle-ci lui parle alors d'Agnès, voisine et directrice des agences matrimoniales UniCentre de Paris et Vincennes, forte d'une expérience dans le domaine depuis vingt-cinq ans. Carine cherche l'amour, pense "pourquoi pas" et choisit de se renseigner. Mais quelque chose la retient. Elle n'est pas à l'aise, pas prête. Ce n'est que cette année, en 2019, qu'elle prend la décision d'aller au bout de sa démarche et de s'inscrire. Elle nous explique le pourquoi, le comment, et l'amour nouveau qui a débarqué dans sa vie à l'heure où les applis de rencontres écartent du décor les agences matrimoniales et leurs lots de belles surprises.

"A 45 ans, on sait ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas"

J'ai fréquenté des sites de rencontres. Mais les hommes sur qui je tombais ne cherchaient que rarement une histoire sérieuse. Ça durait trois semaines tout au plus. Et quand ils ne fuyaient pas l'engagement, c'est moi qui faisais volte-face pour des détails qui, en réalité, n'en étaient pas. J'ai rencontré un ancien alcoolique et ça m'a fait peur. Aussi un commandant de bord – je travaille dans l'aéronautique, mais la distance entre nous n'était pas supportable à terme. Je suis assez exigeante mais à 45 ans, on sait ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas.

En 2006, j'ai quitté le père de mon fils, il avait un an. J'ai alors vécu une histoire passionnée avec un autre homme, jusqu'en 2013. Il m'a quittée. Depuis, ma vie amoureuse est agitée. C'est pour ça que j'ai choisi de passer par une agence matrimoniale, même si après le premier entretien, je me suis ravisée. Je ne sais pas de quoi j'avais peur, mais j'y suis revenue. Je ne m'attendais à rien, je crois, mais passer par ce circuit me paraissait plus reposant, plus humain aussi. J'étais lasse des applis et des sites de rencontres.

Je me suis inscrite il y a trois semaines, déterminée à entamer une nouvelle vie. Je venais de déménager, j'étais en plein changement, prête à aller au bout de mon idée, certaine de ne plus vouloir toucher aux réseaux sociaux et consciente de ne pas avoir le temps de m'y perdre à nouveau. Je travaille beaucoup, j'ai des horaires décalés et mon fils durant la semaine. Le concept de l'agence matrimoniale me semblait adapté à mes besoins.

"S'inscrire dans une agence, c'est un budget"

Le rendez-vous en agence se passe comme on l'imagine. On explique sa situation, on expose ses attentes. J'ai donc dit à Agnès que j'étais en pleine transition et que j'avais envie de construire avec quelqu'un, de vieillir avec quelqu'un. Elle m'a demandé ce que je ne voulais pas. En premier lieu, j'ai parlé de statut social : j'ai une très bonne situation et il est important pour moi d'être avec un homme qui gagne sensiblement le même salaire que moi. J'ai précisé que je n'aimais pas les petits, et que je ne souhaitais pas fréquenter un homme au passé lourd, avec quatre enfants et des contraintes. En partageant tout ça, je n'ai pas eu l'impression de faire un choix sur catalogue, mais plutôt de maximiser les chances de rencontrer quelqu'un.

Il y a également un questionnaire psy à remplir, de 50 questions. J'ai trouvé les analyses assez justes. Ce qui est étonnant, c'est que mon besoin d'être en couple, sur une échelle de 0 à 10, est de 4 seulement. Agnès était surprise, généralement les gens sont à 8. Ce qui est sûr, c'est que je suis seule depuis longtemps, et très indépendante. Forcement on s'habitue. Et puis je n'ai pas besoin d'être avec quelqu'un, de toute façon, juste de partager un quotidien.

En tout, ça m'a coûté 2700 euros l'année. Il y a plusieurs formules, j'ai pris celle qui me correspondait et me sécurisait. Le premier rendez-vous est gratuit, ça permet de faire un choix en toute conscience et de discuter de ses attentes et de ses moyens financiers.

"L'agence nous met en relation sans photo"

Le soir même, j'ai reçu un mail d'Agnès avec un premier profil. On y voit le nom du "prétendant", son prénom, son âge, sa profession, des informations quant à sa vie maritale passée. Il n'y avait pas de photos. L'agence les possède mais ne les envoie pas. Je n'étais pas stressée à l'idée d'ouvrir ce mail. Je crois qu'à force de sites et applis de rencontres, la pression disparaît. Ce n'est pas qu'on s'en fout, c'est qu'on prend ça avec recul. J'étais là pour essayer et prête à me planter.

Le premier profil correspondait plutôt à mes attentes, alors nous nous sommes appelés. Je n'ai pas accroché à sa voix et sa façon de gamberger, de parler tout seul, notamment de son passé compliqué. On a quand même décidé de se voir, et finalement, il a annulé quelques heures avant.

"On avait les mêmes expressions, on rigolait des mêmes choses"

J'ai reçu un autre profil, une semaine plus tard. Nous nous sommes vus le soir même. C'était assez bizarre. Parce que je l'ai tout de suite senti. Nous n'avons pas parlé de l'agence, mais de nos passés respectifs, de nos boulots aussi. Il a 45 ans, il n'a jamais été marié. Il n'a pas d'enfant et pas beaucoup de temps. Il s'est donc inscrit à l'agence.

Tout était naturel et j'étais à l'aise. On avait les mêmes expressions, on rigolait des mêmes choses. Il n'y a pas de hasard. Et puis Agnès sait cerner les gens. Elle sent le truc, c'est un don. Niveau critère, tout était respecté.

Pas de premier baiser ce soir-là, mais deux jours plus tard, après une balade à Paris, une expo, un resto. La prochaine étape est une soirée avec ses amis, qu'il va donc me présenter.

"L'agence vérifie tout, l'acte de naissance, les fiches de paie..."

La relation est encore toute fraîche, un mois à peine, mais je crois que je tombe amoureuse. Je ne m'y attendais pas après toutes les claques que je me suis prise. J'ai donc revu Agnès il y a quelques jours pour lui dire qu'on pouvait mettre mon profil entre parenthèses. Si ça cloche, je la rappellerai et nous serons parties pour un nouveau tour de sélections.

J'ai un peu peur. Quand je suis avec quelqu'un, je ne suis pas sereine. Je me dis que ça va merder, parce que j'ai envie que ça fonctionne. Je me mets la pression toute seule. Il a envie de quelque chose de sérieux, il veut construire, je n'ai jamais rencontré un homme comme ça, qui se projette. Je n'en reviens pas.

Je suis heureuse. Vraiment, passer par une agence a un coût, mais ça n'a rien à avoir avec une appli. On sait que les personnes inscrites sont sérieuses. L'agence vérifie tout, l'acte de naissance, le statut, les fiches de paie. Il y a un peu de paperasse mais après, on se laisse porter en toute confiance. Le fait que quelqu'un gère à notre place est confortable, même si ça ne veut pas dire qu'on ne prend pas en main sa vie amoureuse.

Les applis, c'est terriblement chronophage, on perd un temps fou à discuter avec des gens et à trier. Et à se tromper. Là, revenir à quelque chose de plus humain, de plus sain, de plus respectueux, de moins quantitatif mais de plus qualitatif, c'est agréable. Et en plus, efficace, en témoigne mon cœur. 

Fin 2019, qui trouve encore l'amour via une agence matrimoniale ? Carine, 45 ans, raconte
Fin 2019, qui trouve encore l'amour via une agence matrimoniale ? Carine, 45 ans, raconte

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