Tignous, l’humour noir
Sale gosse à la mèche rebelle et à la répartie imparable, Bernard Verlhac est surnommé par sa grand-mère occitane "petite teigne". Le gamin féru de dessin en fera son pseudonyme. Admirateur d’Hugo Pratt, le père de Corto Maltese, héritier de Reiser et de Siné, le virulent Tignous, 57 ans, pratiquait le mauvais esprit avec jubilation, traquait le capitalisme sauvage, les inégalité sociales et la frénésie économique.
Dans son viseur aussi : les militaires, l’Eglise, le clergé et la connerie des médias de masse. Toujours grinçant et percutant, parfois désespéré, ce Parisien dessinait avec un pessimisme intelligent pour la presse depuis 1980. Outre Charlie Hebdo, il publiait dans Marianne, Télérama, VSD, L'Humanité, L'Express, Fluide Glacial, L'Echo des Savanes et ses caricatures animaient les débats des émissions de Laurent Ruquier sur France 2, de Marc-Olivier Fogiel sur M6 ou de Bruno Masure sur Public Sénat.
Lucide, proche de l’info magazine, mais en la traitant avec la distance nécessaire, Tignous pratiquait une forme de journalisme dont le dessin était le mode d’expression. En se frottant ainsi à l'actualité, Tignous n'est plus seulement un illustrateur et devient un journaliste, dont le dessin est le mode d'expression.
Malgré son air bougon, son comique à rebrousse-poil, Tignous n’avait rien d’un ours mal léché. Ce père de quatre enfants, pote du chanteur Renaud était un épicurien, un gars ultra-doué, surtout pour l’amitié.
