Succession : voici la somme surprenante que touche réellement la majorité des Français en héritage

Hériter n'est pas synonyme de jackpot, loin de là. D'après la dernière enquête de l'Insee sur le patrimoine des Français, les sommes perçues lors d'une succession sont bien différentes de ce que l'on imagine.

Succession : voici la somme surprenante que touche réellement la majorité des Français en héritage
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Quand on évoque le mot "héritage", l'imaginaire collectif s'emballe souvent. On s'imagine de grandes maisons familiales, des résidences secondaires prisées, des comptes épargne bien fournis... Le tout pour un "jackpot" capable de sécuriser un avenir financier du jour au lendemain. Pourtant, notre vision est largement biaisée par les scénarios hollywoodiens et les successions des grandes fortunes qui font la Une des médias. 

À l'heure où accéder à la propriété est de plus en plus difficile pour une grande majorité de Français, cette réalité se ressent largement dans les chiffres : hériter n'est pas synonyme de pactole, bien au contraire. La dernière enquête Histoire de vie et Patrimoine de l'Insee montre ainsi que la majeure partie des transmissions financières relèvent plutôt d'un modeste complément plutôt que d'un capital suffisant pour transformer le quotidien. 

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Aujourd'hui, pour 6 Français sur 10, l'héritage ne dépasse pas 30 000 euros. C'est à peine de quoi s'offrir une voiture neuve... ou trois petits mètres carrés immobiliers à Paris par exemple. Et le constat est encore plus saisissant si l'on zoome encore : pour près d'un tiers des Français, la somme reçue en héritage tombe même sous la barre des 8 000 euros, soit l'équivalent de seulement quelques mois de salaire au Smic. Une somme vite engloutie par les factures du quotidien ou le remplacement d'un vieil appareil électroménager.

Les grosses successions que l'on imagine ne concernent en réalité finalement qu'une minorité : seuls 15 % des héritiers touchent plus de 100 000 euros. D'ailleurs, sans surprise, l'héritage ne lisse pas les inégalités, il les fige. Chez les 25 % des ménages les plus modestes, l'héritage est inférieur à 8 000 euros dans près d'un cas sur deux, alors que chez les 25 % les plus aisés, plus de 8 successions sur 10 dépassent cette somme. Un quart dépassent même les 100 000 euros.

Mais surtout, ce que montrent les chiffres de l'Insee, c'est le paradoxe de l'âge : c'est à la retraite qu'on hérite des sommes plus importantes, et pas au moment de s'installer dans la vie active, de fonder une famille ou de faire un premier achat immobilier. En effet, on vit désormais plus vieux, ce qui signifie qu'on hérite aussi beaucoup plus tard. À l'âge où les projets de vie foisonnent, souvent dans la trentaine, près de la moitié des héritages sont inférieurs à 8 000 euros. Ce n'est qu'à partir de 60 ans que la part des gros héritages, de plus de 30 000 ou même de 100 000 euros, est la plus élevée.

Face à ce constat, de plus en plus de Français optent pour d'autres options afin de contourner cet ordre des choses qui n'avantage plus du tout les jeunes qui démarrent dans la vie. Certains choisissent les donations de leur vivant, quand d'autres privilégient le saut de génération par exemple : à la retraite, ils n'ont plus besoin de ce coup de pouce financier et refusent la succession au profit de leurs enfants. La solidarité familiale se réinvente donc en coulisses pour transmettre au meilleur moment. Une manière de court-circuiter un système qui, aujourd'hui, semble passer à côté des besoins réels des nouvelles générations.