Bernard Maris, l’économiste gaucho à l’accent chantant
Diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse, agrégé de sciences économiques, Bernard Maris venait d’achever sa carrière d'enseignant-chercheur à l'Université Paris VIII Saint-Denis. Professeur à l’accent du Midi, reconnu pour la qualité de sa pensée et son art de la vulgarisation, cet ami de Michel Houellebecq, soutenait les thèses de la décroissance, prônait les valeurs sociales et solidaires et dénonçait les ravages de la société de consommation.
Anti Picsou, cet anarcho-keynesien signait ses articles à Charlie Hebdo, "Oncle Bernard" et écrivait aussi pour Marianne, Le Nouvel Observateur, Le Figaro Magazine ou Le Monde. Chroniqueur à la radio et télé, membre du conseil scientifique du mouvement altermondialiste Attac, candidat aux législatives de 2002 sous l'étiquette écologiste à Paris, "Bernard Maris était un homme de cœur, de culture et d'une grande tolérance. Il va beaucoup nous manquer", a déclaré Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, saluant celui qui a été nommé en 2011 au conseil général de la banque centrale. "Il était amical, bourré d'humour et surtout ne se prenait pas au sérieux", a confié à l'AFP, manifestement ému, l'éditorialiste des Echos Dominique Seux, qui débattait avec lui chaque semaine sur France Inter.
Père de deux enfants, Bernard Maris défendait enfin la mémoire de l'écrivain Maurice Genevoix, grand témoin de la guerre de 14-18, dont il avait épousé la fille, Sylvie Genevoix.
