Ras le soutien-gorge ? Le boom du "No Bra" déconfine les tétons

Depuis le confinement, de plus en plus de femmes se laissent tenter par la tendance "No Bra", qui consiste simplement à... ne pas porter de soutien-gorge. Motivation féministe ou simple désir de confort ? Zoom sur cette pratique qui libère les seins.

Ras le soutien-gorge ? Le boom du "No Bra" déconfine les tétons
© Evgenii Vershinin

"Free the boobies", "Free the nipples" : c'est le nouveau crédo de nombreuses femmes libérées. Fini les armatures qui rentrent dans la chair, les marques rouges, les démangeaisons... Depuis le confinement, la tendance est au "No Bra", c'est à dire à l'absence de soutien-gorge.
Boostées par ces deux mois d'enfermement sans souci de paraître, de nombreuses femmes ont décidé de tomber le haut, y compris à la ville. Alors, tendance de fond ou simple effet de mode ? D'après une enquête réalisée par l'Ifop pour Xcams, cette pratique du "sans dessous" semble partie pour s'inscrire dans la durée...

#FreeTheNipple : un désir de confort 

1 jeune femme sur 6 (18%) confie ne jamais porter de soutien-gorge, soit une proportion quatre fois supérieure à celle mesurée avant le confinement (4%), signe de l'ancrage évident de cette nouvelle pratique chez les jeunes Françaises.

Si 44% des interrogées confient être déjà sorties au moins une fois sans soutien-gorge, l'expérience "No Bra" reste limitée dans certains contexte. comme le travail, où seulement 14% de téméraires se sont essayées au "free nipples".

Pour plus de la moitié des femmes (53%), les raisons de se débarrasser de leurs soutiens-gorges est largement plus dictée par un désir de confort que par une sensibilité aux discours féministes. 

La peur des seins qui pointent ou ballotent... révélatrice d'un sexisme latent ?

Pour 7 femmes sur 10, c'est principalement la gêne d'exposer leurs tétons qui freine l'abandon des sous-vêtements, suivie de près par "la crainte d'être l'objet d'agression physique ou sexuelle" (pour 57% d'entre elles).

Des craintes qui reflètent à quel point l'exposition de la poitrine féminine reste associée à un facteur aggravant d'agression sexuelle. En effet, 48 % des personnes interrogées estiment qu'"une femme qui ne porte pas de soutien-gorge prend le risque d'être harcelée, voir agressée". 

Des résultats qui témoignent d'une "culture du viol" et d'une sexualisation genrée du corps encore trop présente.

D'après l'enquête, 55 % des femmes de moins de 25 ans déclarent que leurs seins ont déjà fait l'objet de regards concupiscents et environ 40 % de remarques gênantes ou d'insultes sexistes.

Pire encore, un quart des sondées témoigne que leur poitrine a déjà fait l'objet d'attouchement sans leur consentement