Après San Marina et André, cette marque française populaire vacille à nouveau cette année

Adorée des Françaises pour ses accessoires et ses souliers, cette griffe cinquantenaire se retrouve à nouveau en difficulté.

Après San Marina et André, cette marque française populaire vacille à nouveau cette année
© Image d'illustration / Reve.art en collaboration avec JDF

L'industrie du prêt-à-porter français est à la peine depuis quelques années. Dans ce microcosme, le monde des souliers n'est clairement pas épargné. En effet, nombre de labels de chaussures tricolores ont fini par fermer définitivement leurs portes après plusieurs décennies d'activité, laissant derrière eux des fashionistas et des fans de longue date qui y faisaient leurs achats depuis leur plus jeune âge. Parmi les victimes de cette crise, San Marina, qui a fermé boutique en 2023, mais aussi André, qui cherche encore un repreneur depuis la fin de l'an précédent. Dans ce tourbillon de procédures judiciaires et de liquidations, une autre marque de souliers vient aujourd'hui alourdir le bilan. Deux ans et demi auparavant, elle avait déjà été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Marseille, avant d'être reprise en janvier 2024 par trois acteurs : Mes demoiselles Paris, DS Invest et Union Brothers. En ce premier trimestre, c'est donc le célèbre chasseur Minelli qui est placé en redressement judiciaire. 

Une dégradation qui remonte à septembre 2025 ; moment où la marque est placée en procédure de sauvegarde. En ce mois de mars 2026, elle finit donc par basculer dans le redressement, n'étant plus en mesure d'honorer ses dettes. 

La griffe a pourtant fait le nécessaire pour retrouver le chemin du succès. Elle a tenu nombre de ses promesses et procédé au "développement de la communication notamment digitale", comme prévu dans le plan de continuation présenté et validé par le tribunal de commerce de Marseille. Sur les réseaux sociaux, elle a ainsi dégainé l'artillerie lourde pour faire parler d'elle : elle a investi des terrains jusque-là inexplorés comme TikTok, réancré sa présence sur Instagram.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tonitruante et pleine de bagout, la communication made in Minelli pioche dans des références pop culture et mode qui résonnent chez plusieurs générations (X, Y et Z), comme Sex and the City ou encore Gossip Girl. Les campagnes publicitaires reprennent les codes visuels de marques de mode qui marchent (Zara) et surfent sur des tendances sociétales qui font des émois sur la toile, à l'instar des chiens, du pilates ou encore du yoga. Une stratégie de premiumisation pensée pour se différencier de la masse "ultra fast fashion" et continuer d'exister dans un marché du prêt-à-porter saturé de ces nouveaux entrants aux accessoires et souliers à prix cassés.

Pour l'heure, la stratégie déployée par Minelli n'a pas vraiment fonctionné : selon nos confrères du Figaro, elle a perdu 3,7 millions d'euros lors de son dernier exercice publié 2024-2025. Résultat : ce sont aujourd'hui près de 200 emplois qui sont menacés. 

Mais la griffe cinquantenaire n'est pas près de renoncer. Hier dans la journée, elle a même dévoilé une refonte complète de son site internet. Au menu, une identité visuelle modernisée et surtout, de nouvelles fonctionnalités qui devraient faciliter les achats des Françaises, à l'instar de la e-réservation de produits ou encore la livraison gratuite en point relais. En espérant que l'avenir s'éclaircisse pour elle.