De Marie-Antoinette aux défilés de 2026, les marques de mode relancent ce symbole de prestige cette saison

Côté mode, le diable ne s'habille pas qu'en Prada : il se cache aussi dans les détails. Ce symbole de prestige oublié s'empare de toutes les vitrines en 2026, des vêtements aux accessoires.

De Marie-Antoinette aux défilés de 2026, les marques de mode relancent ce symbole de prestige cette saison
© Bertrand-Hillion Marie-Paola/ABACA

Le diable se cache dans les détails… surtout sur la planète fashionista. Là où les personnes lambdas n'y voient qu'un élément dérisoire, les modeurs en font toujours tout un fromage. Petit en taille mais apanage des puissants de tous temps, d'Orient en Occident, cet élément ornemental qui sublime vêtements et objets de décoration va être dans tous les rayons cette saison. Dans notre imaginaire, on l'associe souvent aux lourds rideaux en velours des palaces, puisqu'il en décore les embrasses - ces attaches faites à partir de cordons. Séculaire, ce détail vestimentaire remonte à l'époque de l'Ancienne Egypte. Il était alors placé sur les tombes royales, comme celle de Toutânkhamon, sous forme de textile ou de joaillerie, pour empêcher les fils de la momie de s'effilocher tout en étant décoratif. Peu-à-peu fabriqué à partir de matières nobles comme la soie - matière aussi coûteuse que l'or au 14e et 15e siècles -, il devient alors un véritable signe ostentatoire de richesse. Ce petit élément qui envahira tous nos vêtements, nos bijoux, nos sacs ou encore nos chaussures cette année n'est autre que le "tassel", appelé "pampille" en Français.

Le mannequin Taylor Hill portant un collier sautoir à pampille lors du défilé Chloé, le 6 mars 2026 à Paris © Regas Tim/Splash News/ABACA

Sa symbolique varie sensiblement selon les époques et les continents : la pampille est symbole de protection sous l'Egypte de Toutankhâmon ; officialise le rang et la fonction de pouvoir durant la Renaissance (on la trouve sur les insignes royaux) et affiche la réussite et marque le passage aux étapes supérieures sur les uniformes académique, ecclésiastique ou encore militaire au 18e siècle. Côté bijoux, les pampilles incarnent l'ostentation : un imaginaire d'opulence directement hérité du collier créé par les hauts joailliers Charles Auguste Böhmer et Paul Bassenge - les Böhmer -, impliqué dans l'"Affaire du collier de la reine" Marie-Antoinette. En effet, le bijou de 2842 carats comporte une centaine de perles et 674 diamants, avec quatre pampilles.

Mais qu'importe l'espace spatio-temporel, une signification demeure : celle du prestige et de l'ostentation. Reprise par le monde de la haute couture dès le 20e siècle, la pampille apporte donc une aura luxueuse aux pièces qu'elle sublime. En 2026, les franges hippie façon Boho chic sont donc balayées d'un revers par les discrètes pampilles. Elles s'invitent sur les colliers sautoir, les boucles d'oreilles, les sacs, les écharpes, les ceintures ou encore les vêtements. 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Dans son défilé Automne-Hiver 2025, la maison Chloé a affiché des pampilles sur des boucles d'oreilles et des sautoirs dorés discrets. Valentino a joué la carte du maximalisme avec des maxi pampilles qui habillaient le couvre-chef d'une silhouette dans son défilé Haute Couture Printemps-Été 2025.

Si vous n'avez pas envie de débourser un centime mais que vous voulez quand même arborer ce style, il n'y a plus qu'à voler les cordons de rideaux de mamie pour en faire une ceinture qui sublime vos habits. Après tout, la mode est une histoire de hacking !