Payer un autre billet "animal" pour faire quelques pas : cette règle "lunaire" de la SNCF lui vaut une amende
Pensant être en règle, une voyageuse s'est fait surprendre dans un véritable "angle mort" des transports parisiens... à cause d'une règle mal interprétée par les contrôleurs SNCF. Une situation plutôt courante, qui fait beaucoup réagir.
"Ça n'a aucun sens." C'est le constat amer partagé par Edwige, infirmière psy et thérapeute de couple très suivie sous le pseudo @wicul_, après avoir été piégée par une subtilité des transports parisiens. Avec son compagnon, leur bébé âgé de 4 mois et leur chien, et en pleine canicule, ils sortent du métro à la station Gare de Lyon pour rejoindre la gare d'Austerlitz, où ils doivent prendre leur train. "Nous avons nos titres de métro, nos billets de train, et même le billet SNCF de notre chien", précise la jeune femme.
Malgré cela, la famille écope d'une amende de 35 euros : "Le motif ? Sans billet animal. Sauf que j'avais déjà acheté son billet pour le train." Les chiens voyagent bel et bien gratuitement dans le métro, mais "entre la sortie du métro et l'entrée de la gare, il existe une 'zone contrôlée' SNCF" dans laquelle son petit chien aurait dû être muni d'un billet spécial. Un espace d'une dizaine de mètres à peine, où cette règle n'est indiquée nulle part. "C'est complètement absurde", s'insurge Edwige, rejointe par de nombreux voyageurs confrontés à la même situation.

En effet, son cas est loin d'être isolé. "Les contrôleurs nous expliquent qu'ils mettent des dizaines d'amende comme celle-ci dans cette zone. Donc, ils savent que les voyageurs ne connaissent pas cette règle", raconte-t-elle, expliquant par ailleurs avoir reçu "des centaines de témoignages" similaires en réaction à son histoire. "J'ai lu les récits de femmes enceintes, de jeunes parents, d'étudiants, de personnes précaires… Beaucoup racontent avoir payé des amendes après s'être vu opposer un règlement ou un jargon qu'ils ne maîtrisaient pas, en étant persuadés d'être en tort", déplore la jeune femme, "en colère" d'avoir été traitée comme une fraudeuse "devant tout le monde".
Le lendemain de sa publication, l'infirmière a été contactée par la Directrice Nationale de la Communication de Crise de la SNCF, qui lui a confirmé que son amende "n'avait pas lieu d'être" car il s'agirait d'une "mauvaise interprétation" de la règle en vigueur par les contrôleurs. En effet, comme la compagnie ferroviaire l'a expliqué à 20 Minutes, la zone en question est partagée entre plusieurs transporteurs, à savoir la SNCF donc, mais aussi la RATP et le réseau Transilien. Et chacun a ses propres règles.
"Les contrôles des billets animaux ne sont pas recommandés car il est difficile d'apprécier les lignes de provenance des voyageurs", précise donc l'entreprise, qui plaide néanmoins pour "la bonne foi de ses agents" qui n'auraient pas eu connaissance de cette consigne. Une enquête interne a toutefois été ouverte. N'est-ce pas aussi peut-être parce queles contrôleurs de la SNCF touchent des primes pour chaque verbalisation ?
Quoi qu'il en soit, Edwige sera bel et bien remboursée suite à cette erreur, bien qu'elle ne soit "pas totalement satisfaite" de la réponse de la SNCF. Car si cette affaire se termine bien pour elle, le flou réglementaire de ces espaces partagés, lui, continue de planer au-dessus de la tête (et du portefeuille) des milliers d'usagers quotidiens.