La Sécurité routière prévient : ces lunettes de soleil sont "fortement déconseillées" en voiture
Toutes les lunettes solaires ne sont pas adaptées à la conduite. Voici le modèle qu'il faut absolument éviter de porter au volant selon la Sécurité routière.
Dès qu'il y a un rayon de soleil, et a fortiori pendant la saison estivale, tous les automobilistes adoptent ce réflexe : garder une paire de lunettes de soleil à portée de main, pour éviter d'être ébloui sur la route. Mais rares sont ceux qui connaissent précisément les règles à adopter en cas de beau temps. A-t-on vraiment le droit d'en porter au volant ? Toutes les lunettes se valent-elles ?
Si le Code de la route ne stipule rien à ce sujet précis, hormis le fait de devoir réduire sa vitesse en cas de mauvaises conditions de visibilité (comme un soleil aveuglant justement), la Sécurité routière recommande de son côté le port de lunettes de soleil "pour vous protéger de l'éblouissement quand le temps est lumineux". Cependant, un certain modèle est "fortement déconseillé pour la conduite d'un véhicule" et trop peu de conducteurs le savent.
Selon la norme européenne ISO 12312-1, les lunettes de soleil sont classées en cinq catégories, en fonction de leur capacité à filtrer la lumière. La catégorie 0 ne protège pas des UV et a surtout une visée esthétique, les catégories 1 et 2 sont adaptées aux luminosités faible à moyenne, tandis que la catégorie 3 est adaptée à un fort ensoleillement. Mais c'est la dernière catégorie qui pose problème pour la conduite. "Les verres ne doivent pas être trop foncés pour ne pas altérer la vision des couleurs. Les verres de catégorie 4 (norme n° EN 1836) sont fortement déconseillés pour la conduite d'un véhicule", prévient ainsi la Sécurité routière.
En effet, ces verres sont initialement conçus pour une luminosité et une réverbération extrêmes, comme en haute montagne par exemple, mais certains les choisissent malgré tout pour des activités du quotidien car ils offrent la meilleure protection possible pour les yeux. Le problème, c'est qu'ils bloquent entre 92% et 97 % de la luminosité et peuvent donc modifier la perception des contrastes et des couleurs, notamment des panneaux ou des feux de signalisation. Autre risque : passer d'une zone très ensoleillée à un tunnel ou une zone d'ombre en portant des lunettes de catégorie 4 provoque une obscurité quasi totale pendant plusieurs secondes, ce qui est extrêmement dangereux. C'est pourquoi elles sont estampillées "interdites pour la conduite" par les fabricants, à l'instar de certains médicaments par exemple.
Pour éviter tout danger au volant, ou tout risque de contravention, mieux vaut donc opter pour des lunettes adaptées à la conduite. D'ailleurs, les montures trop larges ou épaisses sont également déconseillées, car elles peuvent entraver le champ de vision. Les lunettes de catégorie 3 sont donc les plus recommandées car elles offrent une protection maximale sans trop occulter la vue. Elles sont souvent proposées avec un filtre polarisant, tout à fait autorisé, et qui peut éliminer les reflets désagréables. Le choix idéal, autant au volant que pour protéger vos yeux lors de vacances à la mer !
Dans la pratique, les verbalisations sont rares : les forces de l'ordre ne prennent pas forcément le temps de vérifier la catégorie des lunettes. En revanche, si elles le font, vous pourrez écoper d'une amende de 35 euros au titre de l'article R412-6 du Code de la route, qui exige que le conducteur soit en mesure d'exécuter toutes les manœuvres et ait une bonne visibilité. En revanche, si vous êtes impliqué dans un accident alors que vous portiez des lunettes qui altèrent votre visibilité, les choses se corsent. Votre responsabilité peut être engagée, car vous portiez un accessoire déconseillé par les autorités. Bien sûr, les règles diffèrent si votre permis mentionne une correction : la loi vous oblige à porter des lunettes adaptées à votre vue, y compris des lunettes de soleil. En cas de non-respect de cette règle, vous risquez cette fois-ci une amende de 135 euros et un retrait de 3 points.