Des avocats préviennent : cette phrase ne doit pas être prononcée après un accrochage
Une simple phrase peut compliquer les discussions avec l'assurance et affecter l'indemnisation. Des avocats recommandent d'y réfléchir à deux fois avant de prononcer ces mots.
Un accrochage, même sans gravité, a le don de faire grimper le stress en quelques secondes. On descend de la voiture, on regarde les dégâts, on vérifie que tout le monde va bien et on essaie de comprendre ce qui vient de se passer. Dans ce genre de moment, beaucoup cherchent surtout à calmer le jeu. Mais certains réflexes peuvent avoir des conséquences auxquelles on ne pense pas sur le moment. Des avocats du cabinet KGG Law rappellent effectivement qu'il vaut mieux faire attention à ses paroles juste après une collision, car elles peuvent ensuite être interprétées d'une manière très différente.
Le problème, c'est qu'au moment du choc, personne ne sait encore vraiment qui est responsable. En quelques secondes, il peut s'être passé une foule de choses : un refus de priorité, un angle mort, un freinage brutal, une inattention ou même une faute partagée entre plusieurs conducteurs. Sur le moment, chacun a sa version des faits et il manque souvent des éléments pour reconstituer précisément la scène. Pourtant, une phrase prononcée sous le coup de l'émotion peut donner l'impression que vous reconnaissez déjà votre responsabilité. Or, ce n'est pas parce que l'on se sent gêné ou que l'on veut apaiser la situation que l'on est forcément en tort.

Ainsi, la phrase que les avocats de chez KGG Law déconseillent de prononcer est : "Je suis désolé(e)." Sur le moment, elle paraît juste polie. Pourtant, elle peut être comprise comme un aveu de responsabilité, aussi bien par l'autre conducteur que lors de l'examen du dossier par les assurances. Très concrètement, si l'autre conducteur explique que vous avez reconnu votre faute juste après l'accident, cet élément peut venir alimenter son argumentaire. Cela ne suffit évidemment pas, à lui seul, à désigner un responsable, mais cela peut peser dans les échanges entre assureurs, notamment lorsque les circonstances de l'accident sont discutées.
Il faut aussi garder en tête que les compagnies d'assurance cherchent naturellement à limiter le montant des indemnisations qu'elles versent. Lorsqu'un dossier laisse place à plusieurs interprétations, chaque détail peut donc prendre de l'importance. C'est dans ce contexte qu'une déclaration maladroite risque alors d'être présentée comme un aveu de responsabilité plutôt que comme une simple marque de politesse. Ce qui ressemblait à une phrase lancée presque machinalement peut ainsi revenir plusieurs semaines plus tard au moment où chacun défend sa version des faits. Pas vraiment le genre de souvenir qu'on a envie de voir ressortir.
Vous l'aurez compris, mieux vaut rester factuel. Vérifier que tout le monde va bien, appeler les secours si nécessaire, sécuriser les lieux, remplir correctement le constat amiable et échanger les informations utiles sont les priorités. Des phrases comme "Je ne vous ai pas vu" ou "J'ai juste baissé les yeux une seconde" peuvent facilement être interprétées comme une reconnaissance de faute. Et si l'on vous demande comment vous allez, inutile non plus d'affirmer trop vite que tout va parfaitement bien. Après un accident, l'adrénaline peut masquer certaines douleurs pendant plusieurs heures.