Économies d'essence : voici la vitesse exacte pour consommer le moins, et c'est plus élevé qu'on le pense
Moins on roule vite, moins on consomme ? C'est vrai... mais seulement à partir d'une certaine vitesse. En dessous, c'est le phénomène inverse qui s'applique. On vous explique pourquoi et surtout, à combien de km/h il faut rouler pour vraiment économiser du carburant.
Face à la hausse spectaculaire des prix de l'essence en ce début de printemps, les automobilistes cherchent à faire des économies par tous les moyens. Trouver la station service la moins chère, réduire les trajets, privilégier le covoiturage, ou encore adopter des gestes d'éco-conduite... C'est ce qu'on nous apprend à l'auto-école : des pneus bien gonflés réduisent la consommation de carburant, de même qu'une voiture moins chargée, qu'une utilisation modérée de la clim ou du chauffage, mais aussi et surtout qu'une conduite souple, où les freinages sont anticipés et où les rapports de vitesse sont passés au bon moment pour éviter les sur-régimes énergivores. En bref, pratiquer l'éco-conduite permettrait d'économiser 5 pleins par an, selon les estimations de l'Ademe. Mais la plupart d'entre nous pensent que cela passe aussi par une réduction de l'allure globale. Eh oui, c'est connu : moins on roule vite, moins on consomme. Pourtant, ce n'est pas tout à fait exact.
C'est effectivement le cas sur les trajets à haute vitesse, comme sur l'autoroute ou les autres voies rapides par exemple. Au-delà de 80 km/h, la résistance de l'air augmente et le moteur consacre donc une grande partie de son énergie à lutter contre le vent, ce qui augmente exponentiellement la consommation d'essence. Rouler 10 km/h en dessous de la limite de vitesse autorisée permet donc de faire des économies conséquentes : rouler à 80 km/h au lieu de 90 km/h permet ainsi d'économiser 120 euros de carburant par an, selon les calculs de la Sécurité Routière (et c'est sûrement encore plus depuis l'augmentation des prix !). Rouler à 120 km/h au lieu de 130 km/h représente une économie d'environ 20 % de carburant, pour une perte de temps dérisoire de seulement quelques minutes. Cependant, ce principe cesse d'être vrai lorsqu'on parle de faibles ou moyennes vitesses, appliquées dans toutes les agglomérations par exemple : en dessous de 80 km/h, moins on roule vite... plus on consomme !
Imaginez devoir parcourir 100 km : à une vitesse de 20 km/h, le trajet vous prendra 5 heures. Ce sont donc 5 heures pendant lesquelles le moteur tourne en continu. Mais en roulant à 60 km/h par exemple, il ne vous faut plus que 1 heure et 40 minutes pour faire ce même trajet. Le moteur tourne donc beaucoup moins longtemps, et consomme largement moins. D'autant que sur les boîtes manuelles, le rapport de vitesse joue fortement : en moyenne, une voiture consomme 15 litres de carburant aux 100 km en 1ère, et le chiffre diminue à chaque vitesse passée. En 4ème vitesse, c'est déjà moitié moins, avec 7 litres aux 100 km. Concrètement, la consommation diminue progressivement à mesure que l'allure augmente. Mais passé 80 km/h, à cause de cette résistance de l'air qui oblige le moteur à fournir un plus gros effort pour avancer, la consommation repart à la hausse. Le point d'équilibre parfait, que les experts appellent le "sweet spot", se situerait donc autour de 70 km/h : c'est la vitesse exacte à laquelle on dépense le moins de carburant.
Bien sûr, rappelons que le respect du Code de la route et la sécurité passent bien avant la simple question pécuniaire, et il convient donc de respecter les limites de vitesse. En revanche, si la situation le permet, mieux vaut rester entre 60 et 80 km/h plutôt que d'accélérer, autant pour alléger le portefeuille que pour réduire les risques d'accident, et réduire aussi la pollution ! D'ailleurs, le Royaume-Uni l'a bien compris : avec la hausse des prix de l'essence et le risque d'une pénurie due à la guerre, le pays envisage d'appliquer une limitation de vitesse temporaire à 80 km/h sur tout son territoire pour faire face à la situation.