Les vétérinaires reçoivent une "avalanche d'appels" : le réflexe à avoir immédiatement en cas de contact avec une chenille processionnaire
Le printemps signe le retour des promenades en forêt pour les chiens et leur maître, mais marque aussi la réapparition des chenilles processionnaires. Les vétérinaires alertent.
L'arrivée du printemps marque le retour d'un danger discret mais bien réel dans les parcs et les forêts : les chenilles processionnaires. Ces insectes, reconnaissables à leurs longues files indiennes au sol, prolifèrent particulièrement autour des pins et des chênes. Les œufs, pondus à la fin de l'été dans les arbres, éclosent au printemps, souvent dès le mois d'avril. Le problème, c'est que ces chenilles sont couvertes de milliers de poils très urticants qui se détachent facilement et peuvent provoquer des réactions violentes chez l'être humain comme chez les animaux. Les vétérinaires recommandent donc une vigilance accrue lors des balades avec un chien ou un chat, car les contacts accidentels entraînent chaque année de nombreuses consultations d'urgence vétérinaire.
Le service 3115 Urgences vétérinaires, qui met en relation les propriétaires d'animaux avec des vétérinaires de garde, explique ainsi recevoir "une avalanche d'appels". Les chiens et les chats sont particulièrement exposés car ils explorent leur environnement avec leur museau et peuvent renifler, lécher ou attraper ces insectes. Les conséquences peuvent être très graves. "Un simple contact peut provoquer des brûlures graves de la langue, un gonflement important et parfois une urgence vitale", rappelle le service.

Les poils urticants libèrent une toxine très irritante qui provoque une inflammation rapide de la bouche et de la gorge. Dans ces situations, les vétérinaires doivent parfois intervenir en urgence pour limiter les lésions de la langue et éviter des complications respiratoires. Dans certains cas, la langue peut même commencer à se nécroser. Sans prise en charge vétérinaire rapide, les lésions peuvent s'aggraver très vite. Des chiens sont déjà décédés après avoir été en contact avec ces poils microscopiques, ce qui fait de ces chenilles un véritable fléau chaque printemps pour les vétérinaires et les services d'urgence animale.
Si votre chien a été en contact avec une chenille processionnaire, il faut agir immédiatement et adopter les bons réflexes. Première règle : ne pas frotter la zone touchée. Les poils urticants pourraient alors se casser et libérer encore plus de toxine. Il faut ensuite rincer abondamment à l'eau claire. L'idéal est de maintenir la tête de l'animal vers le bas pendant le rinçage. Cette position évite que l'eau contaminée par les poils urticants ne coule vers la gorge et ne soit avalée. Après ce premier geste, il est indispensable de contacter immédiatement un vétérinaire ou le service d'urgence vétérinaire 3115.
En forêt ou dans les zones boisées urbaines, certaines précautions permettent aussi de limiter les risques : porter des vêtements couvrants, éviter les arbres porteurs de nids, éloigner les enfants et les animaux de compagnie, ne jamais toucher les chenilles – vivantes ou mortes – ni leurs nids. En cas d'exposition, il faut aussi éviter de se frotter les yeux. L'ONF recommande également de ne pas faire sécher son linge à l'extérieur près d'arbres infestés lorsque le vent est fort, car les poils peuvent être transportés dans l'air. Au retour d'une balade en forêt, prendre une douche tiède et changer de vêtements peut aussi limiter les irritations en cas de doute. Si un animal présente des symptômes (salivation excessive, langue gonflée, douleur), une consultation vétérinaire rapide est indispensable. Par précaution, certains propriétaires gardent désormais des bouteilles d'eau dans leur sac ou dans le coffre de leur voiture afin de pouvoir rincer immédiatement leur animal en cas de contact.
Ces chenilles suivent un cycle bien précis. Après l'éclosion des œufs, les larves vivent en groupe dans des nids soyeux visibles sur les branches des pins ou des chênes. À la fin de l'hiver et au début du printemps, elles descendent de l'arbre en file indienne pour s'enfouir dans le sol et poursuivre leur développement. C'est précisément lors de cette descente que les risques de contact sont les plus élevés. Face aux dangers qu'elles représentent, les chenilles processionnaires ont été officiellement classées nuisibles pour la santé humaine depuis 2022. Les autorités recommandent donc de signaler à sa mairie la présence d'un nid près de son domicile afin que des mesures puissent être prises. Dans les zones touchées, il est également conseillé d'éviter les arbres infestés, notamment les pins, et de s'en éloigner le plus possible lors des promenades. Une vigilance simple mais essentielle pour profiter de la nature sans prendre de risques.