Décrocher un premier emploi : pourquoi les jeunes diplômés auront "moins d'occasions" en 2026
Les jeunes sont les premières victimes du chômage, et ce, y compris chez les diplômés. La faute à une concurrence d'un genre nouveau, qui ferme leur porte d'entrée vers la vie active avant même qu'elle ne se soit ouverte.
Entrer sur le marché du travail pour la première fois n'est jamais une étape facile. C'est la fin de l'insouciance étudiante, et le grand saut vers le monde des adultes. Si cette transition peut s'avérer brutale, le choc est d'autant plus grand quand ce passage peine à se faire. En effet, depuis quelques années, les jeunes peinent de plus en plus à convaincre les recruteurs et à décrocher leur premier boulot... y compris avec un diplôme tout frais en poche.
En 2024, selon l'Insee, près d'un jeune sur cinq était au chômage. Un taux nettement supérieur à celui du reste de la population. Et si la proportion de demandeurs d'emploi est plus élevée chez les moins diplômés, ceux qui sortent de leurs études supérieures font eux aussi face à une crise de début de carrière : le dernier rapport de la Conférence des grandes écoles montre que "la part des diplômés en activité professionnelle diminue fortement". Quelques mois après la fin de leur cursus, les étudiants de la promotion 2024 étaient près de 17 % à rechercher un travail. Un an plus tôt, il n'étaient que 12 %. Et malheureusement, les perspectives d'embauche ne semblent pas près de s'améliorer.
La faute à un tournant majeur dans les compétences requises. Bien sûr, depuis la création de ChatGPT et de ses concurrents principaux il y a déjà quatre ans, tout le monde a compris que cette révolution technologique allait impacter nos vies quotidiennes à bien des égards. Et forcément, le monde du travail n'est pas épargné. Cependant, il semblerait que l'année 2026 accentue encore plus ces changements liés à l'essor de l'intelligence artificielle. Sur le réseau social professionnel LinkedIn, plusieurs experts tirent la sonnette d'alarme : l'IA bouleverse déjà le début de carrière des jeunes diplômés, surtout dans les métiers très exposés comme les développeurs, les chargés de clientèle ou encore les comptables par exemple.
Le problème, c'est que les employés seniors "boostent leur productivité" en déléguant les tâches basiques aux intelligences artificielles. Les jeunes ont donc "moins d'occasions de faire leurs armes sur des missions simples", qui représentaient jusqu'ici leur "rampe de lancement" vers la vie professionnelle. Le but est donc de sortir des tâches triviales que l'IA est capable d'exécuter bien plus rapidement que n'importe quel jeune actif qui débute. De plus, les profils "juniors" ont un autre désavantage : bien qu'ils soient les principaux utilisateurs de l'IA dans un cadre privé, leur manque d'expérience dans le métier les rend moins armés pour "vérifier la fiabilité d'une réponse".
Les spécialistes sont unanimes, la solution pour les jeunes diplômés est de faire de la maîtrise de l'IA une compétence rare, et un véritable plus sur leur CV. Si ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity et tous leurs équivalents nous ont déjà surpassés dans l'exécution de tâches simples, ils ont nécessairement besoin d'un pilote. Les experts appellent donc les jeunes qui entrent sur le marché du travail à "se repositionner immédiatement" pour éviter de devenir les victimes de l'intelligence artificielle.