Arrêtez de laisser sortir votre chat au printemps : l'avertissement strict des associations
Laisser son chat sortir dehors n'est pas sans risque, pour lui comme pour les autres. Mais surtout pendant les quelques mois de printemps, mieux vaut le garder à l'intérieur.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les chats ne sont pas des animaux casaniers. On s'imagine souvent qu'ils sont plus adaptés à une vie en appartement et aux soirées canapé que leurs amis les chiens, pourtant ils sont tout autant attirés par l'extérieur. Les félins réclament eux aussi de sortir, de se défouler, d'explorer ou de vagabonder sur leur territoire, qu'il s'agisse d'un simple jardin ou de tout un quartier. Avec le retour du soleil, il est d'ailleurs très tentant de laisser portes et fenêtres grandes ouvertes pour leur offrir ce bol d'air frais tant attendu après les longs mois d'hiver. Mais si vous avez l'habitude de laisser votre chat jouir de son indépendance pour sortir à sa guise, il faut savoir que le printemps est bien moins propice à ces excursions que les autres périodes de l'année. Et rien à voir avec des températures à risque, comme cela peut être le cas en hiver ou en été.
Entre avril et juillet, il est en effet recommandé de garder son chat à l'intérieur au maximum. D'abord, pour sa propre sécurité, car les beaux jours s'accompagnent souvent d'une augmentation du risque d'accidents, les routes étant plus fréquentées que pendant la période hivernale. Les journées qui s'allongent incitent également nos compagnons à étendre leur périmètre d'exploration, ce qui les expose davantage aux conflits territoriaux avec d'autres animaux du voisinage ou à certaines maladies. Mais une autre raison, bien plus méconnue, est aussi avancée par les associations : bien que domestiqué depuis des milliers d'années, le chat reste avant tout un prédateur. Même lorsqu'il est bien nourri, son instinct de chasseur le pousse à s'attaquer aux petits animaux sauvages que l'on trouve dans tous les jardins.
La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) affirme que le chat domestique "est l'une des premières causes de mortalité pour la petite faune sauvage", et qu'il tue environ 324 millions de proies chaque année en France. Au printemps, le risque est d'autant plus grand pour les oiseaux nicheurs, dont la période de reproduction et de nidification s'étend généralement du début du mois d'avril au début du mois de juillet. Les experts préconisent ainsi de limiter au maximum les escapades des chats à cette période, en particulier la nuit où ils sont les plus actifs, afin de sauver les oisillons fraîchement sortis de l'œuf et donc de préserver la biodiversité menacée. La LPO livre toutefois quelques conseils pour "réduire l'impact de votre chat sur la faune sauvage", sans pour autant le séquestrer 24 heures sur 24.
D'abord, il s'agit de jouer avec lui avant de le laisser sortir : en stimulant son instinct de chasse avec des jouets, il sera moins énergique et aura moins envie de s'attaquer à des proies réelles. Ensuite, l'alimentation tient quand même un rôle important. Même si cela n'éteindra jamais complètement son côté prédateur, "une nourriture riche en protéines animales limite la nécessité pour votre chat de compenser par la chasse", surtout si elle est en libre service et qu'il peut donc y avoir accès quand il le souhaite. Enfin, il existe aussi des accessoires qui pourront alerter les animaux de sa présence, de façon à la fois visuelle et sonore, comme des collerettes colorées ou des colliers à clochette. "L'application combinée de ces méthodes peut réduire jusqu'à 40 % la prédation des chats sur la petite faune", assure la LPO sur son site internet.