En faisant ses courses "à l'envers" au supermarché, elle économise près de 700 euros par an

Promotions, comparateurs de prix, cartes de fidélité… Et si aucune de ces stratégies n'était la plus efficace pour alléger votre ticket de caisse au supermarché ? Une nouvelle façon de faire ses courses pourrait changer la donne.

En faisant ses courses "à l'envers" au supermarché, elle économise près de 700 euros par an
© seenad

Faire ses courses au supermarché est rarement une partie de plaisir. Passer une heure dans les allées du magasin, faire la queue à la caisse, et porter des sacs toujours plus lourds... C'est une véritable corvée pour bon nombre d'entre nous. Et c'est sans compter sur la note, souvent bien salée. On a beau préparer une liste de courses, faire quelques kilomètres de plus pour trouver l'enseigne la moins chère, sélectionner les produits avec le meilleur rapport qualité/prix en tête de gondole, scanner les catalogues des grandes surfaces, voire se priver de certains petits plaisirs pour rester dans le budget, la surprise est toujours la même : au moment de consulter le ticket de caisse, on a l'impression d'avoir davantage vidé son portefeuille que rempli son frigo.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la pression financière pousse aujourd'hui 6 Français sur 10 à réduire leurs dépenses alimentaires. C'est deux fois plus qu'il y a quinze ans, au point que la moitié de la population avoue sauter des repas, comme le souligne une étude de l'Ifop en 2023. Alors forcément, toute proposition est bonne à prendre pour tenter de faire baisser la facture en grande surface. Ces derniers temps, une nouvelle stratégie a fait parler d'elle : le "backwards shopping", que l'on pourrait traduire par "achats à l'envers" en français. Plusieurs experts en économie vantent cette méthode dans les médias anglosaxons, de même que certains consommateurs sur les réseaux sociaux. Lauren Thorpe, bloggeuse britannique citée dans plusieurs journaux locaux, assure même qu'elle économise désormais près de 700 euros par an sur son budget courses au supermarché, en faisant ses achats "à l'envers". 

Concrètement, le backwards shopping bouscule nos habitudes familiales les plus ancrées. D'ordinaire, on planifie les repas de la semaine, et on dresse une liste de courses en conséquence. Il s'agit ici de faire l'inverse, en commençant par un inventaire complet de ce que l'on a chez soi, tout en vérifiant bien les dates de péremption, avant d'établir le menu en fonction. On n'achète alors que ce qui manque pour compléter les recettes prévues, et rien de plus. Objectif : entrer dans le supermarché avec une mission claire et éviter les achats impulsifs dans les rayons. Fini le retour du supermarché avec ces fameuses boîtes de thon en promotion, qui viennent s'ajouter à celles que l'on avait oubliées au fond du placard... 

La plupart des consommateurs ayant l'habitude d'acheter régulièrement les mêmes produits, la meilleure méthode consiste à regarder le ticket de caisse des précédentes courses, et de rayer les articles que l'on a encore. De son côté, Lauren Thorpe explique qu'elle "vérifie ce qu'elle a dans ses placards, son réfrigérateur et son congélateur" à chaque fois qu'elle se rend au supermarché. Elle fait ensuite appel à l'intelligence artificielle pour "générer des idées de repas" sur la base de ces ingrédients. Bien sûr, les plus créatifs pourront se servir uniquement de leur âme de chef pour cette étape, mais le résultat reste le même : cela permet d'économiser de l'argent, de réduire le gaspillage, et de rentrer chez soi avec des sacs beaucoup moins lourds. Résultat : un panier moyen plus maîtrisé et moins de produits inutiles glissés dans le chariot. La jeune femme l'affirme, après trois ans à appliquer cette stratégie, elle remarque une économie annuelle d'environ 600 livres sterling, soit un peu moins de 700 euros. 

Bien qu'il ne soit pas complètement révolutionnaire, ce réflexe des "courses à l'envers" est une réponse à deux problèmes intrinsèquement liés : la baisse du pouvoir d'achat, mais aussi le gaspillage alimentaire. Selon les derniers chiffres de l'ADEME, un Français jette en moyenne 61 kg de déchets alimentaires par an, dont 19 kg encore comestibles. Financièrement, cela représente une perte de 100 euros par habitant. Dans une famille de quatre personnes, cela revient donc à jeter 400 euros chaque année à la poubelle ! Dans un contexte où l'inflation fait rage, et où les enjeux écologiques sont au cœur des préoccupations, commencer par ouvrir ses placards avant d'ouvrir son porte-monnaie est sans doute la meilleure habitude à prendre.