Ce comportement est le signe qu'un enfant pourrait devenir psychopathe, selon une thérapeute

C'est un trouble de la personnalité plus répandu qu'on ne le pense, et qui se manifeste généralement dès l'enfance. Mais loin d'être évidents, les signes sont en réalité assez subtils.

Ce comportement est le signe qu'un enfant pourrait devenir psychopathe, selon une thérapeute
© prometeus

Dans notre imaginaire collectif, les psychopathes sont une denrée rare et il existe donc peu de chance d'en croiser au cours de sa vie. Mais bien au-delà de ce que l'on voit dans les séries télévisées et les documentaires, ce trouble de la personnalité est plus fréquent qu'on ne le pense : environ 4,5 % de la population adulte serait atteinte, soit une personne sur 22, selon une méta-analyse publiée dans Frontiers in Psychology en 2021. Souvent, ces profils peuvent être observés et identifiés des années plus tôt, à travers des "schémas comportementaux, sociaux et émotionnels précoces" dès le plus jeune âge. Mais pas de panique, aux yeux de la science, les enfants psychopathes n'existent pas. Il s'agit en effet d'un "concept de personnalité adulte", comme l'explique Samantha Marcham, dans les colonnes du Daily Mail.

En revanche, la psychothérapeute pour enfants explique que "les recherches en psychologie du développement sont claires sur un point crucial : les traits associés à la psychopathie n'apparaissent pas soudainement à 18 ans". Une étude de l'université de Chicago confirme en effet que ce trouble du comportement "apparaît au cours de l'enfance bien avant l'âge de 10 ans", et "concerne plus fréquemment les garçons que les filles". Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les signaux sont en général très subtils : "Souvent, ces enfants ne font pas de crises ni ne manifestent de comportements agressifs qui inciteraient les parents ou les enseignants à demander de l'aide. Ils passent donc inaperçus." Il existe toutefois quelques comportements spécifiques à repérer. Outre la maltraitance envers les animaux ou les autres enfants, qui reste l'un des signes les plus évocateurs d'une éventuelle prédisposition, d'autres attitudes plus discrètes et moins alarmantes sur le moment doivent questionner.

© alex_ishchenko

D'abord, et c'est probablement le trait le plus important : le manque d'empathie. Si beaucoup d'enfants rechignent à partager leurs jouets par exemple, les futurs psychopathes éprouveraient une véritable "aversion pour le partage" et une insensibilité face à la tristesse de leurs camarades. Ils semblent ainsi "réticents à faire des choses uniquement pour faire plaisir à quelqu'un d'autre, et veulent d'abord savoir ce qu'ils y gagnent". Ils auraient également tendance à se montrer très irrités lorsqu'on leur fait des reproches, ou lorsqu'ils sont frustrés par une situation quelconque (ce qui est commun à beaucoup d'enfants). Les enfants présentant une prédisposition aux troubles psychopathes sont aussi plus égoïstes que la moyenne, et n'hésitent pas à jouer de leur charme pour "obtenir ce qu'ils veulent", quitte à manipuler leur entourage insidieusement. "Tous les enfants mentent parfois. Ce qui est inquiétant, ce sont les mensonges répétés et systématiques, destinés à se soustraire à leurs responsabilités", note la psychothérapeute britannique.

En effet, "ces enfants rejettent constamment la faute sur les autres pour leur comportement et inventent des histoires convaincantes pour se protéger", car ils estiment que les règles ne s'appliquent pas à eux : c'est toujours la faute des frères et sœurs, ou d'un enseignant qui les a injustement pris pour cible. "D'après mon expérience, les enfants présentant ces comportements paraissent souvent calmes, maîtres d'eux et émotionnellement détachés. Beaucoup se montrent éloquents et charmants. Ils sont passés maîtres dans l'art de manipuler aussi bien les adultes que les autres enfants, tout en attirant peu l'attention sur eux. Ils peuvent mentir de façon convaincante et ne montrent que peu de culpabilité ou de remords lorsqu'ils sont mis au défi", résume Samantha Marcham. 

Évidemment, la psychologue rassure : ces signes ne signifient pas que l'enfant est "voué à devenir un psychopathe", fort heureusement, mais ils indiquent toutefois "qu'il pourrait présenter un risque plus élevé que ses pairs". Elle invite surtout les parents à être "conscients" de ces schémas, qui risquent de s'aggraver avec le temps plutôt que de s'atténuer avec l'âge, s'ils ne sont pas suffisamment remis en question.