"Un chien qui détruit, c'est un chien qui va mal" : la raison pour laquelle il s'attaque aux meubles selon un vétérinaire
Canapé, chaussures, poubelle... Un chien qui détruit tout autour de lui peut s'avérer très difficile à gérer pour son maître. Le Dr Pierre Fabing nous explique la cause la plus fréquente derrière ce comportement, et comment y remédier.
C'est un comportement que tous les propriétaires de chiens redoutent. Aussi adorable soit-il, un toutou qui mordille le canapé, qui déchire les coussins, qui renverse la poubelle, qui mange les chaussures, ou qui arrache les rideaux… C'est un calvaire à supporter pour son maître. Surtout quand cette attitude de destruction continue à l'âge adulte. Car lorsqu'un chiot s'attaque aux meubles, on espère qu'il ne s'agit que d'une phase qui lui passera avec le temps, quand il deviendra plus calme et aura appris à gérer ses excès d'énergie. Pourtant, certains chiens adultes présentent encore ce problème comportemental, et cela n'a rien d'anodin. Indépendamment de sa race – certaines étant plus fougueuses que d'autres par nature – c'est un signe d'un véritable mal-être chez le chien.
"La destruction, ça devient un poison dans la relation maître-chien. On peut avoir tendance à ne plus avoir les bonnes réactions, à vouloir l'engueuler quand on rentre. Il faut arriver à comprendre qu'un chien qui détruit, c'est un chien qui va mal", nous explique ainsi le Dr Pierre Fabing. La destruction n'est pas une simple question d'éducation : la cause est souvent bien plus profonde.
"Dans 90 % des cas", la cause de la destruction chez le chien est la solitude, nous explique le vétérinaire urgentiste. Il s'ennuie, et comble donc un vide en se défoulant sur l'environnement qui l'entoure : "Ça veut dire qu'il n'a pas assez d'échanges quotidiens avec son maître." En effet, si un chien peut rester seul plusieurs heures pendant nos journées de travail, il a tout de même besoin d'un vrai temps qualitatif et "actif" avec son maître, d'au moins une heure par jour. Mais Pierre Fabing nous révèle qu'il faut aussi "lui apprendre à être seul". Et il ne s'agit pas seulement de le laisser seul régulièrement pour qu'il s'y habitue, il s'agit surtout de savoir comment mettre en place ces absences.
Contrairement à ce que l'on pense tous, faire la fête à son chien quand on rentre n'est pas toujours bénéfique. "Il y a une façon de partir de la maison, et il y a une façon de rentrer. Ces effusions de joie au retour, ou de tristesse sur le départ, ne sont pas forcément bonnes pour le chien. Cela ne lui apprend pas la solitude de la journée. Quand il doit rester seul, il doit rester calme à ce moment-là", précise le vétérinaire. Ainsi, l'une des solutions est notamment de "rester assez neutre" quand on s'en va et quand on revient : "On s'assoit, on enlève ses chaussures, on ne le touche même pas forcément. On se pose. Le chien vient nous voir, vient nous renifler. Et une fois que ça s'est calmé, on va passer dans un échange. Là, on peut faire des câlins." Mais quand le problème de destruction est déjà profondément installé, Pierre Fabing propose d'autres solutions.
D'abord, il s'agit de dépenser beaucoup plus son chien le matin et le soir : "Si le chien est fatigué, parce qu'on a couru avec lui, qu'on lui a donné des ordres, appris des nouvelles choses… Ça va le stimuler assez pour qu'il accepte cette période au milieu où il va devoir être plus calme." Mais il faut également lui proposer des occupations pendant l'absence de son maître, notamment des jouets dans lesquels sont cachées des friandises par exemple, ou d'autres jeux qui vont lui demander du temps et de la réflexion.
Et pour les maîtres qui en auraient le budget, il y a aussi l'alternative du dog-sitter, une personne qui passera du temps avec le chien pendant la journée afin qu'il soit moins longtemps seul. Dans les cas où le comportement destructeur reste un véritable problème, le vétérinaire recommande en dernier recours l'installation d'un parc à chien : "Parfois, pendant quelque temps, ça peut être essentiel. Mais s'il n'y a pas de stimulation, c'est juste l'enfermer dans un truc où il ne peut rien faire, et ça ne va rien arranger. Ça peut être des jouets, mais aussi de la musique, des chaînes télé, etc." Le tout est de s'attaquer à la cause, c'est-à-dire l'ennui, pour remédier au mal-être du chien... plutôt que de le disputer pour sauver son canapé.