Quand ils deviennent parents, les aînés de la fratrie adoptent presque toujours ce comportement

Aîné, cadet ou benjamin d'une fratrie, tous développent des personnalités différentes en grandissant. Et cela se ressent ensuite quand vient le temps d'élever leurs propres enfants. Une docteure en psychologie explique comment l'ordre de naissance joue sur notre style parental.

Quand ils deviennent parents, les aînés de la fratrie adoptent presque toujours ce comportement
©  lightfieldstudios

Tous ceux qui ont grandi avec des frères et sœurs le diront : bien qu'élevés par les mêmes parents, l'aîné, le cadet ou le benjamin d'une fratrie ne sont pas vraiment éduqués de la même façon. Bien souvent, le premier enfant bénéficie d'une plus grande attention et se voit attribuer plus de responsabilités, mais aussi parallèlement moins de libertés que les suivants, qui grandissent avec des parents déjà rodés à l'exercice. Des études scientifiques montrent d'ailleurs que les aînés bénéficient d'une meilleure stimulation cognitive que leurs jeunes frères et sœurs : les parents leur consacrent en effet plus de temps, que ce soit pour la lecture, les devoirs, ou autres activités éducatives, car ils n'ont pas d'autres enfants à charge. 

"Les parents sont généralement plus attentifs, plus concentrés, réfléchissent davantage à la manière d'aborder chaque situation et sont très à l'écoute des besoins de leur [premier] enfant", analyse ainsi Jennifer Katzenstein – directrice du département de psychologie de l'hôpital universitaire Johns Hopkins, aux Etats-Unis – auprès du site américain Parents. Et justement, cette différence d'éducation dans l'enfance a un impact sur la personnalité des aînés, et sur le développement de leur propre style parental lorsqu'ils ont des enfants à leur tour. 

Les aînés veillent sur les petits, et deviennent souvent plus responsables © lopolo

Selon la docteure en psychologie, les aînés d'une fratrie adoptent souvent un comportement similaire quand vient l'heure d'éduquer leurs propres enfants. Leurs mots d'ordre ? Responsabilité, autorité, organisation… mais aussi parfois perfectionnisme, anxiété et stress. Jennifer Katzenstein explique que les aînés ont souvent une personnalité de type A : "Ils s'inquiètent davantage de l'échec. Ils sont très attentifs, extrêmement conscients des émotions et des besoins de chacun, et y réagissent constamment." Les grands frères et grandes sœurs ont un souci du détail très prononcé, ce qui peut être à la fois une qualité et un défaut, surtout quand on sait qu'il est très difficile de tout contrôler quand il est question de l'éducation d'un enfant. 

Contrairement aux personnalités de type B, plus décontractées, les aînés ont du mal à "laisser faire les choses", et ont tendance à être des parents plus autoritaires. "Ils peuvent se montrer un peu plus fermes avec leurs enfants, vouloir imposer leur vision de l'éducation et se montrer très stricts", note la spécialiste. Ainsi, pas de place à l'improvisation : à la maison, on respecte des règles fixes et une routine très programmée. Et si le quotidien vient tout chambouler, comme il sait le faire, les aînés seront plus facilement sujets au stress que leurs cadets. D'ailleurs, cet objectif de perfection se ressent aussi dans les attentes qu'ils placent sur leurs propres enfants. Jennifer Katzenstein explique que les premiers-nés sont plus enclins à placer la barre haute pour leurs enfants, à mettre l'accent sur la performance, mais aussi la responsabilisation et la gestion autonome des problèmes. 

Bien sûr, il ne s'agit là que de "généralités", car "l'ordre de naissance ne définit pas qui nous sommes". Du moins, pas entièrement. Comme le précise la docteure en psychologie, tout le monde est capable d'adapter son comportement, surtout en matière d'éducation parentale : "Ce qui fonctionne pour un enfant ne fonctionne pas forcément pour un autre. Il est donc essentiel de faire preuve de souplesse dans notre façon d'élever nos enfants et de ne pas être trop rigide."