C'est le temps que chaque maître devrait passer avec son chien pour le rendre heureux

Voici combien de temps il faut passer au minimum chaque jour avec son chien, et surtout, comment le passer pour assurer un véritable épanouissement à l'animal. Le Dr Pierre Fabing, vétérinaire urgentiste, nous livre ses conseils.

C'est le temps que chaque maître devrait passer avec son chien pour le rendre heureux
© dmitry16

Ce n'est un secret pour personne, les chiens sont des animaux sociaux qui ont besoin de compagnie pour s'épanouir. Descendants des loups qui vivent en meute, nos meilleurs amis à quatre pattes ne sont pas faits pour une vie solitaire et peuvent donc se montrer très malheureux lorsqu'ils manquent d'interactions et de contact avec leur maître adoré. Mais tous les propriétaires de chiens le savent : avec le rythme qu'impose la vie active, pas facile de passer beaucoup de temps avec son toutou la journée. Mais au bout de combien de temps la solitude devient-elle pesante pour un chien ? Combien de temps faut-il passer avec lui pour qu'il soit vraiment comblé ?

Après avoir lu tout et son contraire parmi les recommandations du web, nous avons posé la question au Dr Pierre Fabing. Le vétérinaire urgentiste nous précise qu'il s'agit plus d'une question de qualité que de quantité : "Ce n'est pas parce qu'on est en télétravail toute la journée avec son chien qu'on est là pour lui. Le fait qu'on soit là, ça rassure le chien mais ça ne suffit pas." S'il n'existe pas de règle immuable, le vétérinaire préconise tout de même de passer "une heure active avec son animal" au minimum par jour, et idéalement entre une heure trente et deux heures. Un temps qui peut bien sûr être fractionné en plusieurs moments dans la journée.

Pour un chien épanoui, c'est la qualité de l'échange qui prime © lightfieldstudios

Ainsi, il ne s'agit pas seulement de faire acte de présence, mais bien d'accorder une véritable attention à son toutou. "C'est-à-dire qu'on passe une heure à s'occuper de lui, à jouer, à échanger. Ce contre quoi je lutte, c'est la promenade passive où on est sur son téléphone." Mieux vaut donc une balade courte mais stimulante, en donnant des ordres à son chien, en jouant avec lui, en le câlinant, en lui faisant découvrir un nouvel itinéraire, plutôt qu'une longue balade où l'on ne s'occupe pas vraiment de lui. Pierre Fabing est formel : "Trente minutes actives seront plus qualitatives que huit heures à côté de lui sans interagir." D'ailleurs, la promenade n'est pas seulement l'histoire de faire ses besoins ou de dépenser son énergie, votre chien réclame vraiment votre compagnie. 

Un chien qui a accès à un grand jardin toute la journée aura toujours besoin de partager des moments de qualité avec son maître. "C'est comme une prison dorée, il n'est pas stimulé. Je ne dis pas qu'on n'a pas le droit de laisser son chien sortir tout seul, mais ça ne remplace pas un vrai temps d'échange." Selon le vétérinaire, le chien "commence à être un peu moins bien au bout de six ou sept heures de solitude". Mais avec les journées de travail, qui excèdent généralement cette durée, la pratique est plus nuancée. Pierre Fabing nous rassure ainsi : "Ce n'est pas parce qu'on est absent de 9h à 18h qu'on est un mauvais maître. Mais dans ce cas, il va falloir augmenter un peu le temps passé avec le chien le matin et le soir." Car le risque face à un compagnon qui se sent seul, c'est qu'il développe des troubles du comportement comme de la destruction, des aboiements compulsifs, voire des épisodes de déprime ou même certaines formes d'auto-mutilation. 

Et qu'en est-il de nos autres amis, les chats ? S'ils sont effectivement plus indépendants et plus solitaires que les chiens, eux aussi ont besoin d'interactions quotidiennes avec leur maître pour être équilibrés et épanouis. Pierre Fabing précise que "les durées sont beaucoup plus fractionnées et le temps d'échange nécessaire est moins grand. On est sur du quinze à vingt minutes par jour. Par exemple, trois fois cinq minutes, c'est parfait". Mais là encore, on parle d'un temps de qualité, avec des jeux qui stimulent leur instinct de chasseur, et des câlins pour renforcer le lien affectif. "Ils ont quand même besoin d'une présence tous les jours", rappelle le vétérinaire.