Grandir en ville ou à la campagne : ce détail change tout pour la réussite scolaire
Entre la vie trépidante des métropoles et le calme de la campagne, les parents hésitent souvent pour l'avenir et l'épanouissement de leurs enfants. Pourtant, des études sur les inégalités scolaires pourraient bien mettre fin à ce dilemme.
C'est un débat qui anime les parents depuis toujours : est-il préférable d'élever ses enfants dans une grande ville ou à la campagne ? Les arguments des parents citadins penchent vers l'accès facilité aux études supérieures et aux activités culturelles, tandis que les parents ruraux vantent les mérites d'une enfance "au vert", dans un environnement plus calme et plus propice aux activités en extérieur. Si les deux modes de vie se valent sur le papier, dans les faits, il existe pourtant de véritables différences en matière de réussite scolaire entre les enfants élevés en milieu rural ou urbain.
De nombreuses études officielles se sont penchées sur le sujet : où vaut-il mieux grandir pour avoir les meilleures chances de succès à l'école ? Outre le territoire à proprement parler, c'est surtout le milieu social des parents qui influe sur la réussite scolaire de leurs enfants. Mais celui-ci dépend encore beaucoup de la géographie.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les enfants des villes sont plus exposés à la précarité que ceux des campagnes, où l'on retrouve moins de familles monoparentales ou nombreuses, mais aussi moins de parents sans emploi. En revanche, la proportion d'enfants d'ouvriers ou d'agriculteurs y est bien plus élevée, là où les enfants de cadres et chefs d'entreprise sont plus nombreux dans les communes urbaines très peuplées. Paradoxalement, selon un rapport de la DEPP sur les inégalités scolaires, le milieu social des élèves vivant en région rurale ou en périphérie urbaine est plus favorable à la réussite scolaire que celui des élèves citadins.
D'ailleurs, les enfants qui vivent hors des grandes villes ont souvent de meilleures conditions pour travailler. Selon la DREES, 9 sur 10 ont leur propre chambre et une maison avec un espace extérieur. En ville, ils ne sont plus que 7 sur 10 à avoir leur sphère personnelle, et seuls 5 sur 10 ont un jardin. Ces conditions aident à mieux se concentrer et à apprendre plus facilement. Aussi, la population étant moins dense, les classes sont donc moins surchargées et les élèves bénéficient souvent d'une attention plus particulière des enseignants. Mais les enfants qui grandissent à l'écart des zones urbaines ont aussi tendance à faire de plus courtes études et davantage de formations en apprentissage. L'Insee note ainsi qu'à l'âge de 20 ans, les jeunes ruraux sont deux fois plus nombreux à être sortis du système scolaire que les jeunes urbains.
Au final, les territoires les plus favorables à la réussite scolaire sont les banlieues des grandes villes. Ni tout à fait urbaines, ni totalement rurales, cet environnement hybride combine emploi, stabilité sociale et niveau de vie plus élevé. À l'inverse, les communes très éloignées des pôles urbains et les toutes petites villes concentrent davantage de difficultés sociales, ce qui pèse sur les parcours scolaires. Ce n'est donc pas seulement la ville contre la campagne : c'est la proximité (modérée) avec les grandes métropoles, ainsi que le milieu social des familles, qui feraient vraiment la différence pour la réussite scolaire des enfants.