Les ados dissimulent ce qu'ils font sur les réseaux quand ils entendent cette remarque parentale

Vous pensez bien faire en surveillant l'usage des écrans de votre ado, mais une simple phrase, prononcée par la majorité des parents, pourrait avoir l'effet inverse. Loin de les protéger, cette remarque anodine pousse les adolescents à la dissimulation et brise le lien de confiance.

Les ados dissimulent ce qu'ils font sur les réseaux quand ils entendent cette remarque parentale
© kryzhov

C'est la crainte de tous les parents depuis l'avènement des réseaux sociaux. Les ados de la génération Z, ou les petits nouveaux de la génération Alpha, ont en effet un point commun : tous, ou presque, sont accros à leur téléphone portable et aux applications comme Instagram ou TikTok. Tenter de limiter leur usage au maximum n'y fait finalement pas grand chose… Par le biais d'amis ou même en cachette, ils parviendront toujours à trouver un moyen de scroller. En tant que parents, le tout n'est donc pas de le leur interdire totalement, mais plutôt de s'assurer que ce qu'ils regardent reste approprié. Et pour ça, faut-il encore instaurer une confiance pour qu'ils ne vous cachent pas tout ce qu'ils font en ligne. 

C'est justement ce qu'explique Tiana, experte en parentalité numérique qui partage ses conseils sur le compte Instagram @decode_le_net. Car les adolescents peuvent se braquer très vite et refuser de parler de ce qu'ils font ou voient sur les réseaux sociaux, notamment à cause d'une remarque en particulier. Beaucoup de parents la font sans se rendre compte qu'elle peut pousser leur enfant à se fermer et à leur dissimuler des choses. 

© kuprevich

Quel parent n'a jamais dit "ça va te rendre bête", "ça va t'abrutir" ou encore "c'est débile ce que tu regardes", en voyant son ado s'attarder sur un contenu somme toute peu intellectuel ? "L'intention est bonne sur le moment", comme le souligne la spécialiste, car le but est seulement de "réveiller" l'ado en question et de l'inciter à mieux utiliser son temps, pour apprendre ou se cultiver. Mais en réalité, le message que l'on envoie n'est pas du tout le même : "À l'adolescence, critiquer un contenu qu'il aime est souvent vécu comme une critique de lui-même. Résultat : il se ferme. Pas par provocation, mais par protection." En effet, avec cette remarque qui se veut pourtant bienveillante, l'enfant comprend surtout que ce qu'il aime est sans intérêt, que le parent ne le comprend pas, et qu'il vaut donc mieux ne pas lui montrer ces contenus plutôt que de risquer une critique culpabilisante. "Ce que ça entraîne avec le temps : il ne te montre plus ce qu'il regarde, il minimise ou cache ses usages. Le risque ? Qu'il cache aussi ce qu'il vit hors écran", alerte Tiana. 

L'experte en parentalité numérique conseille au contraire de "changer la dynamique". Il s'agit ainsi de s'intéresser, plutôt que de juger ou d'espionner. Si votre enfant suit un créateur de contenu qui vous semble totalement impertinent, voici les questions qu'elle suggère de lui poser : "Comment il a fait pour avoir autant d'abonnés d'après toi ?", "Qu'est-ce qu'il apporte de différent ?", ou encore "Quel business se cache derrière ses vidéos, comment il gagne de l'argent ?". Grâce à cette approche, l'adolescent peut développer un esprit critique et analytique, et se sentira plus en confiance pour partager ce qu'il regarde. 

D'ailleurs, pour ouvrir plus facilement le dialogue, l'important est aussi de partager sa propre expérience : en disant "J'ai vu un reel trop drôle ce matin, je te montre ?" ou "J'ai passé 10 min à explorer TikTok, c'est fou cette app !", on montre à l'adolescent qu'on peut aborder le sujet des réseaux sociaux sans jugement ni pression, ou sans menace de punition.