Cette équipe a bravé l'interdit pour sauver des manchots et ça change la perception du reportage animalier

Dans le cadre d'un documentaire animalier, certains comportements sont proscrits. Mais ces journalistes de la BBC en ont décidé autrement.

Cette équipe a bravé l'interdit pour sauver des manchots et ça change la perception du reportage animalier
© vectorup

Les drames de la nature se déroulent généralement sans témoin. Mais parfois, une caméra est là pour révéler les secrets des animaux sauvages, sur Terre ou à travers les profondeurs de l'océan... Les reporters animaliers, ces observateurs patients et discrets, capturent la vie sauvage telle qu'elle est : imprévisible, magnifique et parfois cruelle. Leur mission n'est pas d'agir, mais de documenter pour transmettre la vie de toutes les espèces. Mais face aux pires situations et à la souffrance des animaux, ils doivent rester neutres et laisser faire la nature. C'est la règle. 

Elle est d'ailleurs au cœur de chaque tournage animalier. C'est ce qu'on appelle la règle de la "non-intervention" qui consiste tout simplement, à ne pas interférer pour ne pas perturber l'environnement. Ne pas changer le cours des choses. L'idée est simple : ce que la caméra montre doit être authentique. Le spectateur ne doit jamais douter que ce qu'il voit est vrai, brut, naturel. Mais cette règle n'existe pas seulement pour préserver le réalisme : elle protège aussi les animaux d'un contact humain qui pourrait les mettre en danger à long terme.

© aheiay

Mais en 2018, une équipe de la BBC a été confrontée à une scène impossible à ignorer. En Antarctique, sur le tournage de la série documentaire Dynasties, les journalistes filment une colonie de manchots empereurs. Un groupe de jeunes individus se retrouve piégé au fond d'un ravin de glace, incapable d'en sortir. Leur survie est clairement menacée. L'équipe hésite. Observer et filmer ? Ou intervenir, enfreindre la règle, et leur donner une chance de vivre ? Finalement, les reporters décident d'agir. Avec précaution, sans manipuler les manchots, ils dégagent un petit passage dans la neige, et forment de petites marches pour créer un escalier, que les manchots empruntent... Ils sont sauvés.

L'histoire aurait pu créer un tollé. Pourtant, c'est l'inverse qui se produit. L'équipe reçoit un large soutien, du public comme des professionnels. Leur geste a soulevé une question profonde : dans certaines situations, la compassion ne mérite-t-elle pas de passer avant le principe ? Sans jamais transformer un documentaire en opération de sauvetage, ce moment rare a rappelé que derrière la caméra, il y a des humains capables de choisir l'empathie, même au prix d'une règle sacrée.