Arrestation numérique : cette escroquerie est la plus redoutée par les experts cette année
Pour subtiliser de l'argent à leurs victimes, les escrocs utilisent un procédé digne d'un film d'action.
Qu'il s'agisse des arnaques sentimentales, des fausses offres d'emploi, des faux conseillers bancaires... L'année 2026 devrait être encore marquée par de nouvelles escroqueries, faisant leur lot de victimes. Mais une autre méthode, bien plus sophistiquée se distingue par sa dangerosité : l'arrestation numérique. Ce phénomène qui s'appuie sur des technologies modernes, exploite avant tout une faille humaine intemporelle : la peur de l'autorité.
Cette escroquerie repose sur une usurpation d'identité particulièrement audacieuse impliquant les forces de l'ordre. Initialement très répandu en Inde, ce type de fraude traverse désormais les frontières pour s'implanter aux États-Unis. La spécificité de cette attaque réside dans sa mise en scène : elle ne cherche pas simplement à voler des données rapidement, mais à installer un climat de terreur durable en faisant croire à la victime qu'elle est sous le coup d'une procédure judiciaire imminente.
Le mode opératoire s'apparente à un véritable harcèlement psychologique. Tout commence généralement par une notification accusant la cible d'être impliquée dans un crime grave. Pour crédibiliser leur scénario, les malfaiteurs n'hésitent pas à utiliser des technologies de pointe, incluant parfois des "deepfakes" (vidéos truquées par IA) simulant une surveillance policière en temps réel. Comme le notent les observateurs de l'AARP (Association américaine des personnes retraitées), la pression exercée est extrême : "De faux agents des forces de l'ordre vous interrogent ensuite par appels vidéo, non pas pendant des heures, mais pendant des jours, tout en vous menaçant de poursuites pénales et en vous faisant pression pour que vous payiez des règlements ou des amendes".
Les répercussions de cette fraude dépassent largement la simple perte financière. Si les sommes extorquées peuvent être conséquentes, c'est l'impact traumatique qui inquiète le plus les spécialistes. La victime est soumise à un stress intense et prolongé, pouvant entraîner de graves conséquences sur sa santé physique et mentale. Des cas dramatiques ont déjà été rapportés, comme celui d'un médecin retraité à Hyderabad, décédé d'un arrêt cardiaque après avoir subi des dizaines d'heures de cet interrogatoire fictif. Cela démontre que l'arrestation numérique n'est pas seulement une menace pour le portefeuille, mais une véritable agression psychologique.