Ne manquez pas la "fenêtre d'endormissement", c'est la clé pour en finir avec la crise du soir
Passé un certain stade de fatigue, l'agitation et les pleurs prennent le dessus, et le moment du coucher se transforme en vrai parcours du combattant pour les parents.
C'est un problème que les parents ne connaissent que trop bien. Passé une certaine heure, alors même qu'ils devraient être épuisés, les enfants deviennent intenables. Agités, surexcités, ils se transforment en véritables piles électriques. À l'instar des Gremlins qu'il ne faut surtout pas nourrir après minuit, gare aux parents qui loupent l'heure de coucher de leurs enfants… au risque de faire face à la fameuse crise du soir. Une sorte de second souffle après avoir lutté contre le sommeil. Et pour l'éviter, tout se joue dans la "fenêtre d'endormissement".
"On parle de fenêtre d'endormissement lorsque l'enfant commence à montrer des signes de disponibilité au sommeil, avant d'entrer dans l'agitation ou les pleurs. Lorsque la fenêtre d'endormissement est manquée, le système d'éveil de l'enfant se réactive fortement : il peut alors s'agiter, pousser de petits cris, pleurer, sembler hyper curieux, tout en étant en réalité très fatigué", nous explique Caroline Ferriol, psychopédagogue spécialiste du sommeil*. Voici pourquoi il est essentiel de savoir repérer ce moment où l'enfant est disposé à s'endormir, et comment faire pour rattraper le coup une fois l'instant passé.
D'abord, il faut connaître les signes qui montrent qu'un bébé ou qu'un jeune enfant est disposé à aller se coucher. Cela passe par "des clignements d'yeux quasi imperceptibles", mais aussi "un regard qui devient plus flottant, moins accroché à l'environnement", quand il regarde dans le vide par exemple. On remarque aussi généralement "une diminution du tonus", c'est-à-dire que les mouvements sont plus lents et que l'enfant se relâche davantage ou se blottit plus facilement, ainsi qu'un "désintérêt progressif pour les jeux ou les interactions". Et bien sûr, les bâillements et les frottements des yeux ou des oreilles font aussi partie des premiers signes de fatigue : "C'est à ce moment-là qu'il est pertinent de proposer le sommeil, avant que l'enfant ne passe dans une phase d'hyperstimulation." Une fois cette fenêtre d'endormissement loupée, tout devient plus compliqué… mais il existe quelques astuces pour "rattraper la situation" et aider l'enfant à "redescendre en pression" lorsqu'il devient trop excité pour dormir.
Caroline Ferriol préconise de "diminuer les stimulations visuelles et sonores", avec une lumière tamisée et des chuchotements par exemple, afin de créer un environnement plus apaisé. Mais aussi "contenir physiquement l'enfant, si cela lui convient". On peut le bercer, lui faire un câlin dans la pénombre, et "faire des respirations profondes" en le portant dans ses bras, quand son âge le permet. Le tout est de "s'appuyer sur un rituel simple et stable, qui sert de repère", avec "quelques étapes répétées, sans en rajouter". La spécialiste précise aussi qu'il faut parfois, lorsque l'enfant ou le bébé est vraiment trop agité, accepter de le laisser "décharger" son surplus d'énergie ou d'émotions. Autrement dit, le laisser pleurer un peu, "dans les bras ou dans son lit avec le parent à ses côtés, pour évacuer le surplus de cortisol et lui permettre ensuite d'activer plus facilement son système parasympathique et de s'endormir paisiblement". Et pour les bébés, Caroline Ferriol insiste bien sur l'importance de "toujours revérifier qu'il n'a pas faim, même si la dernière prise date seulement de 30 minutes" par exemple.
Tout se joue donc dans cette fenêtre d'endormissement cruciale, qui peut varier d'un enfant à l'autre. Caroline Ferriol conseille aux parents une "observation fine et individuelle des signes du sommeil de leur enfant, sur quelques jours", pour pouvoir les comprendre et ensuite les adapter aux repères de base sur l'heure de coucher et le temps de sommeil recommandés pour chaque âge.
* Caroline Ferriol est aussi la fondatrice du collectif Fée Dodo, et l'auteure d'une collection de livres sur le sommeil de l'enfant