Une éducatrice canine explique pourquoi il ne faut jamais dire "non" à un chiot

Éduquer un chiot est essentiel, mais ce n'est pas simple quand on n'est pas expert en la matière. Une éducatrice spécialisée met en garde contre une erreur très commune : dire "non" ne fonctionne pas. Que faut-il faire à la place ?

Une éducatrice canine explique pourquoi il ne faut jamais dire "non" à un chiot
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Avoir un chien induit la responsabilité de l'éduquer. Il faut lui apprendre la propreté, à revenir quand on l'appelle, à bien se comporter avec les humains, ses congénères ou tout autre animal, etc. C'est un travail permanent et pas toujours facile, d'autant plus quand on est mal informé. Ainsi, il y a une erreur très récurrente dans l'éducation des chiots (et même des chiens adultes !) : dire "non".

Le chiot saute sur quelqu'un pour lui dire bonjour, il mâchouille les pieds du canapé, il manque de la nourriture qui traîne… Quand un chien fait quelque chose qui ne devrait pas faire, on a tendance à le réprimander en haussant le ton et en disant "non" d'un ton ferme, mais cela n'est pas un bon réflexe, avertit Kim Paciotti, éducatrice canine certifiée, spécialisée dans l'éducation des chiots. " Cela crée ce que les éducateurs appellent l'"impuissance apprise"", explique-t-elle sur Instagram. Elle ajoute que des études ont démontré que l'éducation basée sur les punitions, y compris verbales, est peu efficace et peut accentuer la peur et le stress chez le chiot.

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Dire "non" peut ne pas sembler problématique, pourtant cette correction verbale ne permet pas d'obtenir le résultat escompté. "Quand vous criez "Non !", le chiot s'arrête momentanément (peut-être). Le chiot n'a aucune idée de quoi faire à la place. Le comportement se répète parce qu'il n'a jamais appris une alternative. Cela crée la confusion, pas la clarté", explique Kim Paciotti. En outre, sur le long terme, à force de s'entendre répéter "non" à tout bout de champ, le chiot peut tout simplement arrêter d'essayer de faire de nouvelles choses (ce qui est pourtant essentiel pour son développement) et se replier sur lui-même.

Au lieu de dire non, la spécialiste préconise de produire un son qui fait comprendre au chiot qu'il ne faut pas faire ce qu'il est en train de faire (par exemple "oh-oh"), en gardant un ton calme. Immédiatement, on lui montre ce qu'il faut faire à la place et on le félicite quand il s'exécute, ce qui va mettre fin au comportement sans créer de la peur.

Kim Paciotti donne quelques exemples : s'il mâchouille une chaussure, on lui donne un jouet à la place ; s'il monte sur le canapé, on lui montre les endroits où il peut s'installer ; s'il tire sur sa laisse, on le récompense quand il marche derrière soi, etc. Évidemment, cela peut prendre du temps et il sera certainement nécessaire de le faire plusieurs fois avant que cela ne soit acquis. Il faut un peu de patience, mais cela en vaut largement la peine pour avoir un chiot bien éduqué et bien dans ses pattes !