"Avant même de penser au divorce, il faut faire ça" : l'alerte d'une avocate expérimentée
Avant même de parler divorce, certaines décisions pèsent déjà lourd, et rares sont ceux qui en mesurent vraiment les conséquences. Que l'on ait des enfants ou non, voici les erreurs qui risquent de tout compliquer.
Selon les chiffres du ministère de la Justice, environ 100.000 divorces sont prononcés chaque année en France. On distingue trois types de divorces contentieux prononcés par un juge (pour faute, pour altération définitive du lien conjugal, pour acceptation du principe de la rupture du mariage) et le divorce par consentement mutuel, qui est un type de divorce non contentieux. Divorcer peut prendre trois mois seulement… Ou être beaucoup plus long. Être accompagné par un professionnel est donc indispensable. "La première étape lorsqu'on veut divorcer est de consulter un avocat. Il existe différents types de divorces en France, avec des conditions et procédures spécifiques. Il faut donc connaître ses options", recommande Clairette Olympio, avocate.
Cette dernière rappelle que, quel que soit le type de divorce, qu'il s'agisse d'un divorce à l'amiable sans passer devant un juge ou d'un divorce contentieux, l'assistance d'un avocat est obligatoire. "L'avocat peut par exemple expliquer à son client pourquoi quitter le domicile conjugal trop vite pourrait peser contre lui pour le reste de la procédure. Nous sommes là pour expliquer ce qu'il est possible de faire, et les conséquences potentielles de ces actions", nous précise Maître Olympio. Mais il est aussi essentiel de choisir la bonne stratégie de divorce.
"Souvent quand il y a une faute, par exemple une infidélité, l'entourage peut pousser à aller vers un divorce contentieux, pour faire payer", explique l'avocate. L'un des intérêts d'un divorce pour faute prononcé aux torts exclusifs de l'autre est d'obtenir des dommages et intérêts. Non seulement cette compensation est souvent très limitée, mais il s'agit en plus d'une procédure longue, coûteuse et psychologiquement très lourde. "Il faut se poser la question. À quel point j'ai besoin que ce divorce soit prononcé aux torts exclusifs ? Parfois, les clients regrettent et auraient préféré mettre rapidement cette histoire derrière eux pour faire le deuil", observe Clairette Olympio. Enfin, le plus important est de rappeler qu'il y a une obligation de transparence sur le patrimoine dans une procédure de divorce. Néanmoins, un autre réflexe est essentiel...
Celui de protéger ses données personnelles ! "Ce n'est pas un conseil anecdotique. Il faut changer ses mots de passe de compte mail, compte bancaire personnel, plateformes etc. Il s'agit aussi de préserver sa stratégie et d'éviter par exemple que l'autre ait accès à vos échanges avec votre avocat. Ce sera à vous d'exposer les choses en temps et en heure", insiste l'avocate.
En résumé, bien se préparer à un divorce, c'est anticiper à la fois les aspects juridiques, pratiques et personnels. Cela passe par une bonne information sur les types de procédures, un accompagnement adapté et une attention particulière à la protection de ses données. En présence d'enfants, il est également crucial de réfléchir à l'organisation future pour préserver au mieux leur équilibre. Plus la démarche est pensée en amont, plus elle a de chances de se dérouler de façon constructive.