Ces enseignants nous confient ce qu'ils redoutent le plus à la rentrée des classes
La rentrée des classes n'est pas stressante que pour les enfants, les professeurs l'appréhendent également. Découvrez le témoignage de plusieurs enseignants qui se confient sur ce qu'ils redoutent le plus à l'approche de la rentrée.
Même après plusieurs années d'exercices, la rentrée des classes reste une journée particulière pour les professeurs. Rencontre avec les élèves et les nouveaux collègues, remise des emplois du temps, mise en place des nouvelles directives du ministère. C'est justement ce qui inquiète Claire, professeure de français dans l'Eure depuis une vingtaine d'années. "La charge de travail en dehors des cours augmente d'année en année et les réformes qui tombent d'en haut se succèdent", nous explique-t-elle. Ce qui a été mis en place avec beaucoup de difficulté quelques mois plus tôt peut être balayé à la rentrée suivante, et les professeurs sont en première ligne.
Thomas, professeur de mathématiques dans un lycée parisien, s'inquiète quant à lui non pas de la composition de ses classes ou du comportement des élèves, mais plutôt de sa capacité à bien faire son travail. "Il y a l'impression qu'après deux mois de vacances, on ne va plus savoir faire, qu'on a oublié comment bien enseigner. Et finalement, c'est comme le vélo, ça revient immédiatement !", explique-t-il au Journal des Femmes. Thomas insiste également sur l'importance de faire une bonne impression. "Si tu bafouilles trop ou si tu n'as pas l'air assez strict, les élèves s'y engouffrent et c'est vite compliqué à rattraper", observe le prof de maths.
Par ailleurs, les professeurs ne travaillent pas seuls et la composition des équipes pédagogiques est aussi source de stress pour bon nombre d'entre eux. "C'est toujours stressant de découvrir qui sont les profs dans la classe où je suis la professeure principale, mais aussi qui sont les collègues qui travaillent avec moi sur une même classe", explique Alice, prof d'allemand en Seine-Saint-Denis. Un sentiment partagé par Nina, qui évoque également l'appréhension face aux postes non pourvus. "Cela peut concerner les profs principaux, infirmières, psychologue de l'Éducation nationale, voire la Direction", détaille la prof d'histoire-géo.
Enfin, tomber sur une classe difficile, tous les professeurs que nous avons interrogés le redoutent et c'est sans doute ce qu'ils appréhendent le plus. "C'est vraiment ce qui vient en premier pour moi", témoigne Ismaël, prof de français en Bourgogne. "Cette inconnue sur les ambiances de classe est très stressante", ajoute-t-il. Même son de cloche du côté de Nina, prof d'histoire-géographie en région parisienne, qui craint aussi la découverte de problématiques complexes dans les classes : harcèlement, handicap non diagnostiqué, violences intra-familiales. Avec un manque criant de moyens pour y faire face.
Bien sûr, l'une des appréhensions majeures concerne aussi l'emploi du temps, chaque année un véritable casse-tête pour l'administration des établissements. "On redoute un emploi du temps avec des trous, des heures éparpillées ou encore d'avoir des classes après l'heure de sport, l'assurance qu'ils soient fatigués et donc plus dissipés", confie Mathilde, prof de SVT à Lille. Leur emploi du temps, Claire ou encore Alice l'appréhendent aussi. Quant à Nina, elle ajoute qu'il y a aussi la crainte d'avoir un emploi du temps incompatible avec celui de ses propres enfants. Une galère supplémentaire !