Accro à son téléphone : "J'y passais 12 heures par jour et prenais juste le temps de manger et d'aller aux toilettes"

De nos jours, la plupart des jeunes ne s'imaginent pas vivre sans leur smartphone, même une journée. Une réalité qui bouleverse tout leur quotidien. Témoignage de Maxence, qui s'est coupé du reste du monde, comme beaucoup d'autres ados.

Accro à son téléphone : "J'y passais 12 heures par jour et prenais juste le temps de manger et d'aller aux toilettes"
© milkos-123RF

Si vous vous rendez à la sortie d'un collège ou d'un lycée, vous serez sans doute étonnés de constater qu'aujourd'hui, les jeunes ne communiquent pas entre eux de vive voix, mais par téléphone interposé. Ils échangent entre eux en ayant leurs yeux rivés sur leur écran. Que ce soit dans la rue, dans les transports en commun ou à la maison, le constat est le même : les 12-25 ans passent beaucoup de temps sur leur portable et sur les réseaux sociaux, beaucoup trop même. En moyenne, ils consacrent 8 heures par jour à lire en ligne, s'informer, jouer, écouter de la musique et surtout à faire défiler les contenus sur leurs applications préférées. Celle qui les rend les plus addicts, c'est Tiktok, avec ses millions de vidéos que l'on peut visionner à l'infini. Une réalité qui n'est pas sans conséquences...

En effet, comme nous l'apprend la nouvelle enquête de Zone Interdite "Écrans, sommeil, anxiété : nos ados en danger", diffusée sur M6 ce dimanche 22 septembre à 21h10, les écrans ont pris une place démesurée dans la vie des jeunes, au point de bouleverser tous leurs repères. À force d'être constamment sur leur portable, de nombreux adolescents se coupent du monde extérieur et basculent dans un isolement numérique extrême. Or, les interactions sociales sont fondamentales à l'adolescence. Elles participent au bien-être de l'enfant et à son émancipation d'une certaine manière. Sans elles, leur santé mentale en prend forcément un coup. En France, 1 jeune sur 2 souffre d'anxiété ou de symptômes dépressifs. Ce fut le cas pour Maxence, âgé de 21 ans. Durant des années, il fut accro à son smartphone et aux réseaux sociaux. 

"C'était devenu une habitude, une routine que j'avais prise le soir. Au lieu de sortir, je prenais mon téléphone et je regardais des vidéos. Je pense que j'y passais au minium 12 heures par jour. Je prenais juste le temps d'aller manger et d'aller aux toilettes, c'étaient les seules interruptions que j'avais dans ma journée", confie-t-il dans le documentaire Zone Interdite. Une addiction qui l'a plongé petit à petit dans un mal-être profond. "Je me suis vraiment renfermé sur moi-même, je ne faisais rien du tout. Psychologiquement, je n'allais pas bien. Mes pensées étaient très négatives, j'étais vide, je ne pensais à rien", détaille-t-il. Une époque bien différente de celle de nos aïeuls. D'après le reportage, il y a vingt ans, les ados côtoyaient leurs amis au minimum 2h30 par jour et ils en profitaient pour se parler, rire, s'amuser. À l'heure actuelle, ils y consacrent seulement 40 minutes de leur temps. Jusqu'au jour où Maxence eut un déclic...

Sa vie a changé le jour où il a acheté un vieux téléphone portable d'occasion, un modèle à clapet. Pendant un mois, il a utilisé non sans mal ce portable sans wifi et sans applications et cela lui a peu à peu été bénéfique. "Je me suis beaucoup plus recentré sur moi-même, et j'ai bien plus profité de mes amis", sans penser à scroller, ajoute-t-il. Depuis, le jeune homme a une relation beaucoup plus saine avec son téléphone. Il a même créé avec un groupe d'amis le mouvement "No Scroll Day" pour inciter la nouvelle génération à ne pas scroller au moins une journée dans le mois. De façon globale, ce fléau, porté par les smartphones et les réseaux sociaux, inquiète de plus en plus les professionnels de santé, mais aussi les parents qui sont souvent démunis.