"À 20 ans, j'ai trouvé LE bon plan pour payer 300 euros de loyer à Paris avec Internet et électricité compris"
Depuis plus d'un an, Blanche, 20 ans, vit dans un grand appartement parisien du XVIIe arrondissement et ne débourse que 300 euros tous les mois. Un bon plan qu'elle a trouvé en une semaine à peine. Pour elle, il n'y a que des avantages. Témoignage.
Chercher un logement décent, à un prix abordable quand on est étudiant, en particulier dans une grande ville, cela peut sembler impossible. Et pourtant, Blanche, 20 ans, a réussi à dénicher un bon plan encore méconnu par certaines personnes. En arrivant à Paris pour ses études supérieures, la jeune femme originaire du sud de la France a vite désenchanté en voyant les prix des locations dans la capitale. Après de multiples recherches non abouties, la poursuite de ses études au sein de la capitale devenait peu à peu inconcevable. Jusqu'au jour où la mère de Blanche consulte un peu par hasard un article sur le site du Diocèse de Paris. Les deux femmes découvrent qu'il existe une solution économique pour loger des jeunes de moins de 30 ans pour leurs études.
Ce concept, c'est celui du logement intergénérationnel et solidaire qui a pris beaucoup d'ampleur ces dernières années en France. Un senior propose de loger un étudiant dans son appartement ou sa maison, contre quelques petits services et/ou un loyer symbolique. Aujourd'hui, la demande est telle du côté des étudiants que certaines associations comme Ensemble2Générations, l'un des acteurs majeurs sur ce marché, enregistre en moyenne neuf demandes pour une place chez un senior, et ce, rien que sur Paris et en Ile-de-France.
Depuis un an, Blanche, 20 ans, cohabite avec Chantal, dans une des chambres de son appartement parisien très cossu du XVIIe arrondissement, pour un loyer imbattable : "300 euros avec l'eau, l'électricité, le chauffage et Internet compris", nous confie-t-elle. L'offre de l'habitat intergénérationnel a tout de suite plu à la jeune femme. L'idée d'"avoir une personne sur qui on doit veiller et qui peut aussi veiller sur moi m'a plu, nous Blanche qui a rapidement entrepris les démarches en complétant un formulaire, avec la formule "Convivialité à partir de 300 euros par mois", avant de faire un entretien. "J'ai répondu à des questions pour savoir qui j'étais et si je pouvais m'entendre avec une senior disponible. Tout est allé ensuite très vite, en une semaine, j'avais trouvé !", se remémore-t-elle.
De son côté, Chantal, 85 ans, s'est lancée il y a un peu plus de huit ans dans cette aventure avec son mari, après avoir eu de bons échos sur l'association solidaire Ensemble2Générations par leurs amis. À cette époque, le mari de Chantal, ex-diplomate, souffre de la maladie de Parkinson. Pour le couple, la venue d'un étudiant chez eux est un bon compromis pour avoir une aide au quotidien, en proposant en retour un faible loyer (le coût est d'environ 30% moins cher que celui du marché). À la mort de son mari, Chantal a décidé de continuer avec Ensemble2Générations pour compléter ses revenus.
Au quotidien, Blanche et Chantal conservent chacune leur liberté : elles partagent la cuisine, le salon, la salle de bain et peu à peu, elles se sont découvertes de nombreux points communs. "Blanche est très délicate et sérieuse. Elle aime comme moi le cinéma et la littérature. On a souvent de longues discussions. Pour l'anecdote, chaque dimanche soir, on a même décidé entre nous, que l'une de nous deux prépare le dîner, que l'on mange ensuite ensemble. Sa présence me rassure", décrit Chantal.
Pour Blanche aussi, il n'y a que de positif. "J'ai une liberté complète, je rentre à l'heure que je veux. J'ai la chance de pouvoir inviter parfois des amis, ce qui n'est pas le cas normalement. Finalement, j'ai plus l'impression d'être en colocation que d'être chez quelqu'un qui me surveille", indique-t-elle. Les deux femmes sont unanimes, en plus de l'avantage financier, la colocation intergénérationnelle est une expérience humaine très enrichissante.